Stéphanie

Elle vit dans un monde

Où les anges dansent dans des champs d'étoiles

Où les arcs-en-ciel s'embrassent

En des myriades d'entrelacs colorés.

Elle jongle avec les mots,

Poète et magicienne,

M'inventant des espoirs à savourer

Au clair de lune ou au soleil de minuit.

Elle donne des ailes à mes plus pures angoisses,

À mes rires, à mes larmes.

Elle est la princesse de mon ciel d'hiver,

De mon ciel sans terre et sans mer.

Elle est la reine de mon univers,

Et moi la forteresse de ses secrets.

Elle sculpte dans mes larmes glacées

Des beautés abstraites et apaisantes,

Des étoiles de rêves,

Dansant à mes tristes prunelles.

Dans son cœur dorment des souvenirs

Noirs et sales, charbons d'une enfance trouble,

Mais sous sa couronne d'ivoire

Elle se dresse, complexe, pure, sereine et fière,

Princesse d'un paradis irisé,

Reine d'une éternité immaculée.


Patricia

Elle vit dans un monde

Où les rêves sont doux et les mystères nombreux;

La réalité lui échappe,

Mais elle s'en moque.

Elle joue avec les sons, saute de pierre en pierre

Sur le cruel chemin de la vie;

Elle joue à la marelle

Avec des larmes dans son sourire d'enfant.

Elle chante pour oublier,

Et rêve pour s'isoler,

Pour vivre sans s'étioler.

Elle est la princesse des jeunesses éternelles,

Et des chimères, et des miracles,

Elle aime comme un prince,

Comme une amie et comme une sœur.

Elle est la princesse des ciels d'octobres,

Gris comme l'acier et profonds comme les mers,

Triste polichinelle riant pour effacer les larmes

De ses contes de fées oubliés.


Isabelle

Elle vit dans un monde

Où les roses ont un parfum de cruauté

Et des aiguilles et des lames d'acier.

Petite marguerite esseulée,

Elle pleure son chagrin

Sans jamais parvenir à le démystifier,

Sans en trouver la solution, ni même la raison.

Elle cherche peut-être une oreille à qui murmurer ses cris,

Un prince avec qui partager ses mystères,

Ou bien peut-être cherche-t-elle le silence tout simplement,

Pour ne rien manquer des doux chants de la solitude.

Elle écrit avec la plume de son désespoir,

Avec l'encre de ses yeux et de son sang.

Elle cherche entre les lignes

Une clé, une carte, ou un simple indice,

Pour retrouver la voie vers son bonheur égaré.

Elle est la princesse des lunes de février,

Des noirceurs du plomb sur le papier,

Elle est la princesse de mon enfance,

Grandie plus rapidement que je n'aurais su l'imaginer.