Le plus fort l'emporte, le plus faible crève

Par Spawn of Hell

Il n'avait pas cru que cela ferait si mal, se suicider. Il avait même choisi les pilules expressément pour cette raison. Il avait horreur de la douleur. Il La connaissait que trop bien. Elle a été sa compagne de toujours du temps de son vivant, une constante dans sa vie dont tout dépendait. Combien de fois s'était-il demander s'il allait pouvoir résister ? Combien de fois s'est-il demander si cela valait la peine de souffrir ? Il en avait depuis longtemps perdu le compte impressionnant. Il ne pouvait pas répondre à ses questions : il ignorait les réponses. Mais tout cela ne l'intéressait plus. Il avait acheté les drogues et le revendeur lui avait assuré qu'il s'agissait d'un mélange fatal. Et c'était ce qu'il espérait. Pourquoi poursuivre une existence sans but ? On y voit là l'idée la plus ridicule du monde, du moins, pour lui. Son existence n'était qu'une farce destinée à le duper, qu'une méchanceté capricieuse d'un dieu inexistant. Car il va sans dire qu'il avait perdu toute confiance ou foi en Notre Père. Aucune créature, divine ou non, n'aurait pu même imaginer toute la cruauté de sa situation. Aucun esprit ne pourrait avoir conçu un plan si diabolique. Et cette douleur persistante, il ignorait le moyen de l'étouffer, si seulement cela eut été possible. Il ne se faisait plus d'illusions. C'était une torture permanente dont on ne se défaisait jamais. Mais il chercha très longuement un moyen, quel qu'il fut, pour apaiser le mal poignant. Et n'en trouva qu'un. Pourquoi vivre une vie sans sens et bâtie exclusivement de souffrance par-dessus souffrance ?

Le destin a voulu que ce soit sa mère qui le trouve sur le carrelage de la chambre de bain. Le silence de son fils et la porte verrouillée avait fini par la troubler. Elle avait forcé la poignée. Elle avait forcé la poignée seulement pour voir le corps recroquevillé de son fils. La peau blême et hagarde, les lèvres bleues et les muscles éternellement figés crispés dévoilaient sans possibilité de malentendu les événements auparavant insoupçonnés qui avaient pris place il y avait un moment déjà. Sa mort avait été douloureuse. Aucun répit jusqu'à la fin. Une mort brutale. Et cette scène horrifiante, cette scène désolante, fut le souvenir protégé que la mère conserva de son fils ; un corps glacé entouré de vomissements, et sur son visage, l'expression d'une intolérable souffrance qui fut sienne jusqu'à sa mort. Le souvenir de son fils mort suicidé.

Il fait noir. Il fait blanc. Il fait froid et chaud. On ne ressent plus rien. La souffrance a disparue, et avec elle, toutes les autres sensations qui auraient pu être. La souffrance n'est plus. Plus rien n'existe. Plus rien. Plus jamais.

Fin

Note de l'auteure : Hum. Allô! C'est un essai. Ma première histoire(très courte, vrai, mais tout de même une histoire…) en français sur Internet… Comme c'est ma langue natale, je me devais au moins de 'poster' ce petit quelque chose. Ah, il y en a peut-être qui verront une petite ressemblance entre cette histoire et My Koibito. Bah, c'est vrai que ça traite tous les deux du thème du suicide. Sauf que celle-ci, à mon avis, est beaucoup moins morbide. Enfin, je crois.

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