Auteur : Isa ()

Note : envie soudaine d'écrire du Kawai réaliste et pour changer des animes/mangas.

Genre : romance, lycée, shonen-ai

Merci a Luna pour avoir pris le temps de corriger cette lecture !

Illusions

Chapitre 2

« Mais dépêche-toi ! On va être en retard ! ».

Je m'empresse de boutonner ma veste et de remettreen place la cravate. Je ne suis pas habituée aux uniformes car mon collège n'en possédait pas. Celui-ci est constitué d'une jupe bleue foncée qui m'arrive un peu au-dessus du genou, une chemise blanche, une cravate portant les emblèmes du lycée et une veste dans les même teintes que la jupe. Je trouve la couleur jolie, mais la jupe trop courte.

Je me regarde une nouvelle fois dans le miroir puis soupire de soulagement en voyant le résultat. Cela devrait suffire. Ma cousine m'appelle encore et je descends rapidement les marches pour la rejoindre à la porte.

Cela fait trois jours que je suis chez elle. Elle habite toujours chez ses parents et pour le moment j'occupe leur chambre d'ami jusqu'à ce que je me trouve un endroit. Je devrais obtenir une chambre d'étudiant près du lycée et ainsi devenir réellement autonome. Enfin si l'on excepte l'argent que mon père me versera tous les mois pour vivre. J'aurais voulu avoir un petit boulot à mi-temps, mais l'une des règles du lycée ne l'autorise pas.

Akemi se trouve sur le pas de la porte et me sourit avec douceur. Elle est plus grande que moi de quelques centimètres, elle a de longs cheveux bruns lisses et brillants que je lui envie. Elle vient d'avoir dix-sept ans et elle est beaucoup plus belle et mature que moi.

« Je suis désolée, je ne parvenais pas à faire le nœud ».

« Oh, mais tu aurais dû me demander, je t'aurais aidé ».

Elle s'approche de moi et retouche le nœud comme il faut. Je la remercie puis elle me fait signe de la suivre. Durant ces trois jours, nous avons parlé des règles du lycée et de tout ce qui allait avec. En l'écoutant, je me suis rendue compte de la différence entre mon petit collège de campagne et cet imminent établissement.

« N'oublie surtout pas que tu dois t'adresser avec respect à tes professeurs et à tes aînés. Si tu ne connais pas le nom d'une personne, 'sempai' sera suffisant. Tu risques d'avoir un peu de mal au tout début car la plupart des élèves y sont depuis le primaire et pour un externe il est parfois difficile de s'intégrer. Mais ne t'en fais pas pour cela, je vais t'introduire moi-même et tu ne devrais pas avoir de problèmes. Si tu as le moindre trouble, parles-moi en, je ferais tout mon possible pour t'aider ».

Nous avançons tranquillement vers le lycée situé à une dizaine de minutes. Nous nous trouvons dans le quartier d'Asakusa et les cerisiers sont légions. La lente chute des pétales nous accompagne et je me sens prête à affronter n'importe quoi. Je suis tellement heureuse que j'en pleurerais. Je jette un œil vers Akemi, un sourire tendre est toujours présent sur ses lèvres. J'espère qu'un jour moi aussi je deviendrais aussi féminine et attirante. Mais j'ai encore des progrès à faire. Je passe une main dans mes courts cheveux bruns puis souris en voyant le portail du lycée au loin. Le long du chemin, des dizaines d'étudiants saluent Akemi et je m'aperçois qu'elle est apparemment très appréciée.

« Nerveuse ? ».

« Un petit peu. Ils ont l'air de tous te connaître ? ».

« Ah, j'ai oublié de te dire que je suis la présidente des élèves, c'est pour cette raison qu'ils me saluent ».

Je la regarde avec surprise mais ce fait cadre bien avec elle. En plus d'être belle, elle est aussi intelligente et je sais qu'elle vise la fameuse université de Tohoku dont l'examen d'entrée est le plus difficile du pays. Je la vois soudainement changer d'expression. Une lueur de plaisir traverse son regard et elle s'exclame :

« C'est Houseki ».

Elle me regarde puis se penche vers moi un air de conspiration sur le visage.

« C'est le garçon avec lequel je veux sortir. Il est plutôt difficile mais je n'abandonnerai pas ! ».

Elle fait un petit rire puis marche plus rapidement.

« Houseki-kun ! ».

Je la rattrape facilement puis…Mon cœur cesse de battre. Ce regard noisette plein de charme, ces courts cheveux bruns, ces petites lunettes lui donnant un air sérieux et surtout ce sourire à la fois tendre et timide.

Je baisse aussitôt la tête et rougis. Je n'aurais jamais cru le retrouver ici. Une semaine s'est passée depuis cette fameuse nuit avec Yuto et lui, mais ce souvenir reste agréable et présent. Akemi et lui s'avancent lentement vers la cours et je les suis sans bruit. Il ne m'a pas vu et j'écoute attentivement ce qu'ils se disent.

« Houseki-kun, tu as passé de bonnes vacances ? ».

« Hum, je suis allé voir ma famille à Osaka. Et toi ? ».

Ils se parlent familièrement et je sens qu'ils sont très proches. Après tout cela est normal vu qu'Akemi est amoureuse de lui.

« Nous avons été à Sendai. J'ai vu l'institut de recherche. C'est très impressionnant ».

« Ah ? Tu comptes toujours devenir chercheur ? ».

« Oui ! Tu sais bien que c'est mon rêve ! ».

« Hum ».

Le silence s'installe et je souris intérieurement. Je n'ai pas eu trop le temps d'apprendre à connaître Toru mais il m'avait semblé du genre peu bavard. Mais Akemi n'abandonne pas.

« As-tu pris une décision quant à ma proposition ? ».

Il s'arrête, tourne la tête vers ma cousine et s'exclame d'une voix emprunte d'impatience.

« Je t'ai déjà dit mille fois que cela ne m'intéressait pas. Tu ne vas pas recommencer ! ».

« Mais pourquoi ? Tu es le meilleur étudiant de la promotion. Ce poste te revient de droit ».

« Je ne veux pas m'affubler de devoirs et de responsabilités. J'ai déjà assez à faireavec les études ».

« C'est de l'égoïsme ».

« Appelle ça comme tu veux, je ne veux pas. Point barre ».

Toru se remet en route et nous pénétrons finalement dans la cours du lycée. La voix d'Akemi s'élève à nouveau mais cette fois ce qu'elle dit, me fait stopper.

« Oh, oui, Houseki-kun, je voudrais te présenter ma petite cousine. Elle vient de l'extérieur mais c'est une excellente élève. Aimy ».

J'hésite puis lève les yeux vers lui. Une surprise traverse ses yeux bruns puis à ma plus grande stupeur, il m'ignore.

« C'est bien pour elle. Je te souhaite bonne chance ».

Il ne reste pas plus longtemps et je sens les larmes poindre. Comment peut-il m'ignorer aussi facilement ? Moi qui croyais qu'il était une personne gentille et sensible. Comment peut-il faire comme si je n'existais pas ?

Akemi me jette un coup d'œil et murmure :

« Vous vous connaissez ? ».

J'ai du mal à retenir ma tristesse alors je secoue la tête en signe négatif. Je sens le regard curieux de ma cousine puis elle me prend la main et nous dirigeons vers le gymnase où aura lieu la présentation annuelle des professeurs.

XXXX

C'est le cœur battant la chamade que Toru s'installa au devant des rangées d'étudiants et parents. En tant que majorde promotion de l'année dernière, il devait faire un discours pour les nouveaux venus. Mais pour le moment, il s'inquiétait plus de la présence de la petite Aimy ici, au lycée Y. Et en plus elle était la cousine d'Akemi.

Il se mordit les lèvres. Il venait de se montrer odieux avec elle en l'ignorant complètement. Mais s'il lui montrait de l'attention, elle deviendrait rapidement la cible de son fan-club et il ne souhaitait vraiment pas lui imposer une telle menace. Surtout qu'elle avait paru si heureuse de changer de vie.

Il sentit une personne s'installer près de lui.

« Je peux savoir ce qu'il t'a pris ? Tu l'as quasiment faite pleurer en ne lui montrant aucune attention ».

Il ne répondit pas.

« Elle est toute jeune et très timide. Elle vient de la campagne, elle n'est pas habituée à la vie urbaine. Tu aurais pu au moins lui parler un peu plus gentiment ».

« C'est bon. Ca ne va pas la tuer ».

Il sentit le regard intense d'Akemi sur lui puis soupira.

« Je ne vois pas pourquoi je sympathiserais avec tous les nouveaux ».

« C'est ton mauvais caractère qui reprend le dessus ? Mais je sais que tu n'es pas réellement ainsi ».

Une nouvelle voix s'éleva avant qu'il puisse répliquer et il sentit un léger soulagement le traverser.

« Hé ?! Dès le premier jour, Akemi ? Tu fais fort cette année ! ».

Yuto, les cheveux fraîchement coupés et la cravate défaite se laissa tomber sur le siège vide près de lui.

« Je lui reprochais simplement son comportement vis-à-vis de ma petite cousine. Il l'a ignorée d'une manière horrible ».

Yuto le fixa avec amusement.

« Hé ? Pourquoi c'est une deuxième Akemi ? ».

Akemi se leva alors pour se défendre mais Toru anticipa son mouvement et la retint assise.

« Du calme, tu sais bien qu'il te cherche ».

Yuto éclata de rire.

« Mais viens, viens, je n'attends que ça ! ».

Ils se fusillèrent du regard et Toru soupira.

« Vous n'arrêterez donc jamais ? ».

Il n'avait jamais bien compris l'animosité entres ces deux là, quoique les récents événements puissent éclairer une partie. Si Yuto avait réellement des vues sur lui, Akemi pouvait être considérée comme son principal rival.

Lorsqu'ils s'étaient retrouvés seuls à l'hôtel, Yuto s'était excusé et lui avait dit que c'était une blague mais pourtant Toru avait eu du mal à y croire. Le regard ne peut mentir et ce qu'il y avait vu n'était pas de l'amusement.

« Un jour, je te ferais payer Asumi ».

Yuto lui fit un sourire puis devant le froncement de sourcil de Toru fit une grimace.

« Ok, d'accord, je disais ça pour plaisanter. Alors ? Pourquoi as-tu ignoré sa petite cousine ? ».

Toru détourna la tête.

« Je ne vais pas me préoccuper de toutes les nouvelles premières années ».

« Mais, je ne te demande pas cela ! Je voulais simplement te la présenter ».

Toru jeta un coup d'œil vers le blond qui le fixa d'un air interrogateur. Il se pencha alors vers lui et murmura :

« Je te raconterai plus tard »

« Hé ! C'est quoi ces messes basses ! ».

Entre-temps, le principal avait commencé son long discours de présentation.

« …Et vous êtes ici pour trois nouvelles années qui je l'espère vous seront bénéfiques. Le but de notre établissement est de former l'élite de demain. Toutes les universités seront à votre portée et vous serez… ».

Toru leva les yeux au ciel. Le discours était le même depuis deux ans déjà, aucun changement. Le proviseur n'était vraiment pas imaginatif. Les yeux doux d'Aimy lui revinrent en mémoire et surtout la tristesse qu'il y avait lue en détournant le regard. Il ne voulait pas faire ça mais si les autres comprenaient qu'il la connaissait, elle pourrait redevenir la cible de brimades qu'elle avait tant voulu échapper. Pourquoi avait-il fallu qu'elle choisisse ce lycée ? Etait-ce le hasard ?

Il sentit une main se poser sur lui et il croisa le regard de Yuto.

« Hé ! Tu dors ? C'est à toi ! ».

Il ouvrit de grands yeux puis se leva rapidement devant le regard étonné de ses amis. Cela devait sans doute être l'une des rares fois où il le voyait inattentif. Décidément, Aimy lui faisait de l'effet, bien plus qu'il ne se laissait croire. Il était vrai qu'il avait été surpris de rencontrer une jeune fille de seize ans encore si innocente et qui ne savait pas s'amuser. Serait-il tombé sous le charme ? Lui qui ne faisait pas réellement confiance aux filles ? Mais elle était différente.

Il se retrouva sur l'estrade devant le micro. Plusieurs centaines de paires d'yeux le fixaient. Il pouvait entendre une vague de murmures identique à celle qui le suivait partout. De l'intérêt, de l'envie se faisaient sentir. Un court instant, il souhaita être ailleurs, il détestait être la cible des regards. Il se surprit à chercher Aimy dans l'assemblée puis commença son discours.

« Je suis Toru Houseki. Je souhaite la bienvenue à tous les nouveaux. Il vous faut savoir que l'environnement ici est propice à l'étude et au développement de chacun. Un certain nombre d'entre vous trouveront parfois difficiles les cours et la pression, mais il vous faudra persévérer et le résultat sera, comme l'a laissé dire Horato-sensei, une bonne université et un avenir brillant. Je crois que le plus important pour vous tous est une bonne intégration. La plupart d'entre vous connaisse déjà cet endroit mais ceux qui viennent de 'l'extérieur' ne doivent pas se sentir exclus et pour cette raison, je demande aux 'internes' de les accueillir et de les guider. De même les aînés se doivent de prendre soin de leurs cadets et de ce fait une nouvelle règle sera instaurée mais je laisse le soin à notre présidente de vous en parler ».

Il fit un sourire.

« En bref, ne soyez pas effrayé par la réputation de l'établissement. Nous sommes tous des êtres humains identiques et chacun peut y parvenir à son rythme. N'hésitez jamais à vous adresser à un professeur ou un troisième année si vous avez des problèmes, c'est tout ce que je désire pour vous. Je vous souhaite une excellente année ! ».

Il s'inclina puis retourna à sa place, laissant le micro au proviseur.

XXXX

Yuto fixa le dos de Toru quand celui-ci s'avança vers le podium. C'était bien la première fois qu'il le voyait rêvasser avant une importante déclaration. Il se demanda un instant s'il n'était pas la cause de ce trouble. Mais ils avaient reparlé depuis l'incident de la plage et Toru avait semblé lui pardonner sa tentative et croire à son mensonge. Alors était-ce à cause de la cousine ? Il jeta un œil à Akemi qui dévorait littéralement son prince des yeux. Il soupira intérieurement. Elle était vraiment tenace, malgré tous les refus de Toru, elle continuait à tourner autour de lui et ne lâchait pas prise. Mais n'était-il pas le même ? Juste parce qu'il était un garçon, il pouvait rester près de lui plus facilement, mais leur situation à tous les deux n'était-elle pas la même ? Ils étaient amoureux du froid et inaccessible Toru. Froid ? Hum, peut-être exagérait-il, mais inaccessible, c'était le cas. Son désir pour lui atteignait des proportions indescriptibles. Il rêvait de lui, il voulait le toucher. Pourrait-il réellement rester de marbre près de lui encore une année ?

Il fut surpris par le discours de Toru. L'année dernière, il avait simplement encouragé les jeunes à travailler sans relâche et sans cesse relever leurs expectations. Mais cette fois, il souhaitait établir un contact avec eux et il était vrai que les relations seniors-junior n'étaient pas très présentes.

Il se pencha vers Akemi.

« Vous avez prévu quelque chose ? ».

Elle hocha de la tête.

« Oui, nous souhaitons instaurer un lien entre les premières années et leurs aînés. L'année dernière, un trop grand nombre a laissé tomber à cause de la difficulté. Nous avons pensé que si chaque première année avait un parrain, ce serait plus facile pour lui ».

Il acquiesça puis fit un sourire.

« J'espère que ce sera une belle jeune fille ».

Elle lui lança un regard noir.

« Ce n'est pas pour ça ! Idiot ! ».

Il fit un petit rire puis croisa ses longues jambes devant lui. Toru revenait. Ses yeux noirs brillaient et une légère rougeur envahissait ses joues. Toru détestait être le centre de l'attention. Il lui fit un clin d'œil puis se pencha aussitôt vers lui quand il fut assis.

« T'as été parfait ».

« Hum, c'est pas très difficile ».

« Tu ne m'avais pas dit pour les parrains ».

Toru tourna la tête vers lui.

« Je n'y ai pas pensé. Ce n'est pas très important ».

Yuto ouvrit la bouche pour protester puis la referma sans rien dire. Il se rassit correctement et fit mine de suivre les discours des professeurs. Il sentait le regard indécis de Toru. Ce fait le fit sourire intérieurement. Le brun devait se demander si Yuto lui en voulait d'avoir omis de lui dire la nouvelle règle, mais il s'en fichait royalement. Il aimait être avec les autres et avoir un filleul ne le gênait aucunement. Comme il s'y attendait Toru se pencha sur lui et murmura :

« Tu m'en veux ? ».

« Hum… ».

« Yuto ? ».

« Chut, voilà la belle présidente qui va parler ».

Il lui fit un sourire puis écouta Akemi. Toru se réinstalla normalement mais Yuto le sentait nerveux. Il posa alors une main sur son genou et fit un mouvement négatif de la tête qui suffit au brun à se détendre. Yuto sentit son cœur battre plus rapidement devant le sourire timide de Toru. Dieu qu'il aimait quand il faisait cela. Il avait envie d'y poser ses lèvres afin de dévorer ce geste si précieux. Il détourna la tête pour cacher le désir qu'il sentait au fond de lui et se concentra sur le long discours de la présidente.

Après deux heures où les différents professeurs se présentèrent et encouragèrent les nouveaux venus, Yuto se leva et s'étira.

« Ouah, enfin terminé. On va pouvoir se reposer ».

Il sentit un coup sur sa tête et se retourna pour désapprouver le contrevenant.

« Dis donc… ».

« J'aimerais un peu plus de respect Asami. Je vous rappelle que j'autorise cette couleur parce que vous êtes un bon élément, mais tout non-respect de nos coutumes me fera changer d'avis ».

Yuto fit son sourire le plus éclatant.

« Mais très certainement monsieur le proviseur, je ne me permettrais jamais de vous défier. Je suis sage comme une image ».

Horato le fixa avec un froncement de sourcils puis regarda derrière Yuto.

« Houseki-kun, Murasaki-san, vous avez été parfaits, je suis fier de vous, continuez comme ça ! Ne laissez pas ce jeune homme vous déviez de votre chemin ».

Toru et Akemi acquiescèrent et Yuto tira la langue dans le dos du proviseur faisant sourire les deux jeunes gens. Horato avait toujours eu une dent contre lui. Etant de la vieille école, il ne pouvait comprendre qu'un garçon puisse se teindre les cheveux et les laisser aussi longs qu'une femme. Mais Yuto était parvenu à garder sa couleur en acquerrant de très bonnes notes, par contre il n'avait jamais réussi à les garder plus longs que l'épaule.

Le proviseur continuant à parler, il fit signe à Toru qu'il sortait. Son ami lui lança un regard de chien battu et il fit un petit rire tout en quittant le gymnase. Il prit la direction du parc. Les bâtiments de l'école primaire et du collège étaient éloignés de celui du lycée qui était lui-même composé de trois larges édifices. Une longue barrière divisait les différents niveaux. Les premières années se trouvaient avec leur parents, parlant un peu fort au vu de leur excitation. Il les examina un moment quand son regard accrocha une jeune fille toute seule près de la deuxième sortie du gymnase. Elle lui tournait le dos mais il avait l'étrange impression de reconnaître cette coupe de cheveu sage et cette petite taille. Fronçant le sourcil et se demandant s'il ne rêvait pas, il s'approcha tranquillement d'elle. Il fit un sourire quand elle se tourna de moitié et la reconnut aussitôt. Elle semblait chercher quelqu'un. Tout d'un coup il stoppa et se rappela la scène d'Akemi ce matin et la réaction de Toru. Il le connaissait bien et habituellement il se montrait assez amical avec les nouveaux venus, mais si la cousine de la présidente se trouvait être ce petit bout brun alors il pouvait comprendre le comportement de Toru. Celui-ci avait semblé troublé par Aimy leur de lors soirée ensemble. Il en avait même éprouvé de la jalousie. La jeune fille était tout simplement le genre du grand brun : douce, gentille, à la limite naïve mais intelligente. Il n'aurait jamais cru la retrouver ici. Elle pourrait devenir une rivale très sérieuse, voire plus qu'Akemi.

Réfléchissant, il décida de l'aborder.

« Bonjour toi ».

Elle sursauta et tourna un regard surpris vers lui. Elle fit les yeux ronds et examina les alentours pour être certaine qu'il s'adressait bien à elle. Elle baissa la tête puis murmura :

« Bonjour ».

« Hé bien, quel enthousiasme ! ».

« Je… ».

Yuto fronça les sourcils et lui releva la tête d'une main.

« Tu étais plus vivace l'autre soir. Que se passe-t-il ? Ta cousine te fait des misères ? ».

Elle secoua vivement la tête tout en niant.

« Pas du tout ! Elle s'occupe bien de moi ! C'est juste que…Ce matin… ».

Elle replaça ses yeux vers le bas et Yuto termina la phrase pour elle.

« Toru t'a complètement ignorée ? ».

Elle ne bougea pas, mais le sourire triste qui apparut sur ses lèvres lui fit comprendre ce qui s'était produit. Et il n'avait pas besoin d'un dessin pour deviner pourquoi son ami avait fait cela. Il se posa contre le mur près d'elle puis sourit.

« Il l'a fait pour ton bien ».

Elle le fixa avec étonnement, attendant son explication.

« Il est plutôt populaire ici et il a beaucoup de fans. Quand il fait mine de s'intéresser à quelqu'un, ces filles peuvent devenir…Hum…Comment dire ? Bah, elles font des trucs pas très gentils à l'heureuse élue. C'est arrivé l'année dernière en début d'année et depuis Toru n'est plus sorti avec aucune fille ».

Aimy ne le quittait plus des yeux trop surprise pour dire quoique ce soit.

« Donc je suppose qu'il t'a ignoré pour ne pas risquer de t'attirer les foudres de son fan-club dès la première journée ».

Il lui fit un sourire auquel elle répondit.

« Merci… ».

Yuto se pencha vers elle et posa un doigt sur son nez.

« Pas de quoi, petite demoiselle. Mais je tiens juste à te dire que Toru t'apprécie beaucoup et qu'il a dû se maudire de devoir te faire ça ».

Elle acquiesça en prenant une jolie teinte rose.

« Mais…Et toi ? ».

Il regarda sa montre puis lui fit un geste désinvolte tout en riant.

« Je ne suis pas un danger pour toi. Car elles savent bien qu'elles ont toutes leur chance avec moi, contrairement à Toru qui est renfermé. Et je suis donc libre de te faire faire un tour du campus ! ».

Il lui prit la main et la guida vers un des bâtiments.

« Attends ! Ma cousine ! ».

« Hé, elle nous retrouvera, de toute façon je suis certain qu'elle t'a oubliée. Quand elle est avec son prince, plus rien ne compte que de le dévorer des yeux ».

Il fut ravi d'entendre le rire de la petite Aimy et il décida de lui montrer son nouveau lycée.

XXXX

Je ferme les yeux et me laisse porter par la douce voix d'Akemi. Elle parle des responsabilités de chaque membre du conseil des étudiants et ses phrases sont directes et précises tout comme le discours qu'elle a prononcé ce matin. Je suis assise dans un coin de la salle et je l'attends. Yuto m'a laissé ici après m'avoir fait visiter tout le lycée et je regrette son absence. Son sourire et son dynamisme sont contagieux et je me sens bien avec lui. Nous avons aussi déjeuné ensemble à la cafétéria et il m'a présenté nombre d'étudiants. Ils ont tous été très gentils avec moi J'aurais aussi souhaité revoir Toru pour lui dire que je ne lui en veux pas, mais je n'ai pas eu cette occasion. Il a déjà dû rentrer chez lui maintenant. C'est le silence qui me fait revenir au moment présent. Akemi me fixe en souriant et s'approche de moi. La salle s'est vidée et nous sommes seules.

« Hé bien, où étais-tu ? Je t'ai cherchée partout ».

J'hésite à lui dire la vérité. Si je lui dis que je connais Yuto, elle fera aussitôt le rapprochement avec Toru.

« Un élève de troisième année m'a montré les alentours ».

« Oh, c'est gentil de sa part. Comment s'appelait-il que je le récompense ? ».

Je regarde sur le côté puis vais répondre quand Akemi est appelée au dehors. Elle se tourne vers la source du bruit puis me fait signe de la suivre. Un groupe de jeunes filles l'entoure aussitôt la couvrant de questions.

« Murasaki-sempai, on m'a dit qu'il fallait vous demander pour les clubs ».

« Vous pensez que l'on doit s'inscrire aujourd'hui ? ».

« Y'a-t-il un club de tennis ? ».

Akemi fit taire les nouvelles venues d'un ton calme.

« Je vous en prie, une à la fois. Pour les clubs, les inscriptions auront lieu dans la semaine à venir. Les propositions commenceront demain et vous devrez choisir. Ne vous en faites pas, il y a un grand nombre de choix et je suis certaine que vous trouverez votre bonheur ».

« Vous faites partie de quel club, Murasaki-sempai ? ».

Je m'éloigne du groupe et regarde au dehors. Nous sommes au troisième étage du bâtiment principal et une large vue s'étend devant moi. Le parc offre un tapis de fleurs roses et les pétales tombent lentement, tourbillonnant de temps en temps quand un coup de vent souffle.

« C'est beau, n'est-ce pas ? ».

Je sursaute pour la deuxième fois de la journée et tourne mes yeux vers la source de la voix. Même si j'ai bien reconnu sa voix je suis surprise de le voir près de moi. Il me fait un sourire et se penche vers moi, non sans avoir jeter un coup d'œil aux horizons pour s'assurer que personne ne regarde.

« Je suis désolé pour ce matin. Je ne… ».

Je murmure à mon tour en le coupant :

« Je sais, Yuto m'a tout raconté ».

Je vois de l'étonnement dans ses yeux puis il me fait un sourire. Il pose un doigt sur ma joue puis me fait un signe d'au revoir. Il disparaît ensuite au tournant d'un couloir et je ne peux m'empêcher de sentir mes joues me brûler et spécialement là où son doigt m'a frôlé. Un instant après, la voix d'Akemi s'élève :

« Aimy ? Tout va bien ? ».

Je m'empresse d'acquiescer et lui fais un sourire.

« Oui ! Tu as fini ? ».

« On peut rentrer. Tu dois être fatiguée après cette journée ».

« Je suis très contente ! Je suis certaine que tout va bien se passer ! ».

« Tant mieux alors ».

Elle me prend la main et me guide vers la sortie. Je continue de sourire. Repensant à Yuto et Toru, je sens que cette nouvelle année sera formidable. Du moins, je l'espère.

A suivre...