Note: Ecrit pour un concours au lycée, sur le thème de l'inifini. (Et chuis trop contente parce que je suis arrivée troisièmeuh C'te gloire. :) Pis j'ai eu de l'argent-euh! ... Bref.)


Spirale


Il y a ce regard
Qui semble scruter l'infini
Les yeux rongés de ne plus voir
Le miroir sans tain de la nuit.

C'est une immensité céleste sans étoiles
Sans commencement ni fin…
Seulement une terreur sourde qui noue les entrailles
En attendant que se lève le matin.

Un océan de suie et de désespoir
Où des étoiles que l'on sait mortes
N'ont de cesse d'étinceler.
Des prunelles d'ivoire fatiguées, inanimées et tristes
S'illuminant dans un sursaut illusoire
Des mille feux de la Voie Lactée.

Il y a ce regard
Un regard sans fond
Ou bien sans profondeur

Un regard mâtiné d'un émerveillement
D'une amère facticité
Il fait comme semblant d'admirer
De vastes landes glacées
Des paysages mordorés
Irradiés de soleil.

Un regard menteur
On le croit immortel
Il demeure sans consistance
Spectre aveugle qui doucement se désagrège
Noyé dans un épais brouillard de larmes.

Un simulacre de vie
Hideuse relique du passé
Il semble taillé dans un marbre
Plus immuable que l'éternité.

A coup de pelletées rageuses
Recouvert à nouveau de terre,
Sa pierre tombale est replacée.
Une épitaphe à moitié effacée:
« Ne m'oubliez pas. »

Sur ses joues inondées de larmes
L'autre passe le revers d'une main, boueuse et profane
Il serre les dents, se retient de hurler
Pleure, murmure une promesse sacrée.

Puis s'agenouillant parmi
Les chrysanthèmes éparpillés
Les milliers de pissenlits
Il lève les yeux aux étoiles
Et contemple l'infini.

Sweet Amaryllis, 13/02/06