Coucou !

Voici le chapitre ! Vous allez rire, j'ai failli oublié de le poster ! Comment ça c'est pas drôle ?

Pour 'un secret format video' il faudra attendre encore un peu, patience.

Bonne lecture !

Chapitre 3 :

Peu avant les vacances de noël, tout le collège parlait de la séparation du jeune couple Alix et Céleste. Chacun avait sa théorie sur la question. Une chose était sure : Céleste était à l'origine de leur rupture et elle en voulait beaucoup à Alix. Il suffisait de la voir lui jeter des regards noirs de quoi fusiller un rhinocéros en un coup pour s'en rendre compte. La théorie qui prenait le dessus (à quelques variantes près) était qu'Alix la trompait : il découchait plusieurs nuits, ses camarades de dortoir croyant qu'il allait rejoindre Céleste firent une réflexion peu courtoise à la fille qui affirma que le blond n'allait pas la voir... Alix eut beau sortir tout un attirail d'explications plus ou moins saugrenues, la fille ne voulut rien entendre et mit fin à leur relation.

Le fait que le garçon n'eut pas l'air plus gêné que ça de s'être fait plaquer ajouta du piment à l'histoire. Chacun voulait savoir qui était la remplaçante mais les vacances de Noël aidant, à la rentrée tout le monde était passé à autre chose, ce n'était déjà plus qu'une vieille histoire.

Le jour de la rentrée, Anislas n'était pas en cours, il devait se rendre au plateau faire sa première séance de shooting derrière l'appareil. Il avait proposé un flyer que Foley avait rejeté le trouvant trop à côté, il lui avait dit qu'il ne lui demandait pas une photo d'auteur mais quelque chose qui se vende, que le but était qu'en voyant le flyer ses amis devaient tout de suite se dire qu'ils devaient aller à cette fête s'ils voulaient s'amuser et être à la mode. Il lui avait laissé quelques jours de plus, puis avait accepté la deuxième proposition après un nombre incalculable de retouches si bien qu'Anislas n'était pas sûr qu'il reste encore quelque chose de son idée dedans. Ils avaient déjà travaillé un peu le fond et la typo, et choisi le modèle.

Le modèle s'avérait être une belle blonde au large balconnet. Foley fit tous les réglages et les expliqua en large à Anislas qui n'y comprit presque rien.

"Contente-toi de tenir l'appareil." Finit-il par dire en voyant le regard perdu du garçon.

La blonde se plaignit que ce ne soit pas Foley qui prenne les photos. Il répondit que ce n'était qu'un premier jet et qu'après il ferait les photos.

Anislas prit une cinquantaine de photos en se sentant très gauche et n'arrivant jamais à mettre en mot ce qu'il voulait comme expression de sa part. La fille mettait elle-même une mauvaise volonté évidente. Foley prit alors l'appareil et dit au garçon d'aller prendre l'air.

Quelques minutes plus tard, le photographe le rejoignit et fuma une cigarette avec lui.

"Tu t'es bien merdé. Mais t'en fais pas, c'est comme ça pour tout le monde, surtout en étant aussi timide que toi. Il faut que ton modèle sente que c'est toi le chef, c'est toi qui dois le diriger et non pas l'inverse. Fais pas cette tête, c'était pas une séance pour Dior non plus, on trouvera une photo potable parmi les tiennes."

"Je suis vraiment désolé."

"Regarde tes photos avant de me dire ça, chéri. Tu sais, quand j'avais ton âge je n'étais pas beaucoup plus sûr que toi, et j'idéalisais beaucoup trop les gens, la beauté, la photographie. Ca passe avec le temps."

"Vous n'êtes pas si âgé."

"Oui, et ne crois pas que j'aime pas mon métier, j'adore ce boulot ! Je te dis juste qu'il faut que tu t'endurcisses, et ce conseil vaudra pour quoi que tu fasses plus tard dans la vie."

"Merci."

Ils passèrent le reste de la journée à choisir une photo et à la retoucher. Puis ils allèrent au bureau d'un ami de Foley qui se chargea du reste grâce aux notes du photographe. Anislas resta avec ce dernier qui lui montra comment il s'y prenait avec le logiciel graphique.

ooOoo

Dans la salle de classe de madame Hooper, Zéphyr et Cole discutaient comme à leur habitude. Ils avaient commencé par parler de la séparation de Zéphyr avec Lana qui avait fait grand bruit. La fille avait finalement été mise au courant de ses tromperies et avait fait un véritable scandale dans le réfectoire. Elle l'avait même giflé ce qui l'avait mis très en colère mais il n'en avait rien montré.

"Je me demande ce qu'elle pouvait attendre d'autre de toi, elle te connait quand même." Dit Cole.

"Elle n'était même pas amoureuse. Je suis persuadé qu'elle est sortie avec moi juste pour le plaisir de me faire un jour cette scène. Elle voulait qu'on parle d'elle cette sale conne. "

Ils burent une bière en silence. Cole avait passé les vacances de Noël chez Zéphyr, il n'avait eu aucune envie de passer ce temps chez son oncle et était reconnaissant à son ami de le lui avoir proposé. Bien sûr il savait que Zéphyr l'avait invité pour ne pas se retrouver trop souvent seul avec son père. Cela les avait arrangé tous les deux.

C'était la première fois qu'il avait rencontré le père du jeune homme. Même sans savoir quel monstre l'homme était, il pensa qu'il aurait quand même été impressionné et mal à l'aise. L'homme avait une voix dure, moqueuse et cassante avec son fils. Ils se disputaient souvent et Cole s'étouffa presque devant quelques sous-entendus que John Barrow fit à son fils devant lui. Bien sûr sans connaître la vérité jamais il n'aurait compris les double-sens.

Ils étaient sortis presque tous les soirs, et ceux où ils restaient au manoir, Zéphyr allait dans sa chambre dormir avec lui. Ils étaient dans le même lit mais ne couchaient bien sûr pas ensemble, et ceci pour de multiples raisons : Cole n'était pas gay, n'attirait pas du tout son aîné, et vu ce qu'il savait sur la vie sexuelle de son ami. Même gay il était persuadé qu'il n'aurait pas pu faire ça, les choses qu'il lui avait raconté le dégoûtaient beaucoup trop pour cela.

En y repensant, Cole posa la question qui le taraudait depuis les vacances.

"Il t'a pas touché ?"

Le blond fut surpris par le changement de sujet.

"Non. Ca m'étonne aussi."

"Ca fait combien de temps maintenant ?"

"Un mois."

"... Tu ne me l'avais pas dit qu'il avait recommencé."

L'air dans la pièce s'alourdit. Zéphyr se tut, gêné, puis dit : "Il m'a violé dimanche soir après le bal de charité. Je n'ai pas voulu t'en parler avant car tu étais déprimé. On peut pas se plaindre tous les deux en même temps n'est-ce pas. De toute manière ce n'est pas comme si je n'en avais pas l'habitude."

"Tu aurais dû m'en parler, c'est la règle. On a promis qu'on se dit tout ici. A quoi ça sert qu'on vienne se saouler dans cette pièce sordide sinon ?"

"Qui tiendrait compagnie à cet ami insomniaque Basil alors ?" Plaisanta Zéphyr. "Ne t'en fais pas je te raconterai tout dans les moindres détails la prochaine fois. Tu sais ce qu'il m'a donné comme excuse pour me faire ça ? Comme quoi j'ai dragué sa copine. Apparemment un mot élégant à une jolie femme cela mérite la torture dans ce pays."

"Ne le laisse plus te faire du mal. Tu es au moins aussi grand que lui maintenant, et tu es la personne avec le plus de caractère à Williamson. Essaie de lui dire non avec conviction, je ne sais pas menace-le de le dénoncer s'il recommence. Tu ne peux pas vivre comme ça toute ta vie."

"Tu crois que je n'ai pas essayé, je l'ai fait des centaines de fois. Mais la nuit à côté de lui je me sens comme un petit garçon, j'ai la gorge sèche, je tremble, et peu importe que je fasse 1m10 ou 1m80 je suis toujours aussi faible face à lui. Je l'ai menacé, à chaque fois il s'est moqué de moi, me défiant de le faire, me disant vas-y mais si je le fais alors tout l'empire s'écroule, je n'aurai plus rien, et les gens me regarderaient tous les jours avec la même pitié que tu as dans les yeux et ça c'est bien pire que tout ce qu'il me fait subir. Il sait très bien que je suis trop lâche pour le dénoncer."

"Et bien frappe-le ! Rends-lui ses coups !"

"C'est facile à dire. Je ne suis pas la même personne à ces moments-là, c'est comme si toute ma force, toute ma vie s'en allaient, comme si je quittais mon corps pour passer en mode automatique, à ces moments-là je suis juste... un objet. Tu n'imagines pas l'emprise qu'il a sur moi."

"Si, je connais bien ça. Je sais que c'est terriblement dur mais il faut que tu fasses quelque chose."

"Il se lassera bien un jour."

"Quand ? A la fin de tes études quand tu partiras du manoir ? Ou bien quand tu seras marié ? Ou encore quand tu auras un enfant qui te remplacera ?"

"Tais-toi !"

"Dis-moi quand ?"

"Ferme-la." Murmura Zéphyr, au bord des larmes. "Toi c'est facile, ton père est mort ! Ne me juge pas s'il te plait. Je... Je..."

"Excuse-moi. Je suis allé trop loin."

"..."

"Si on parlait d'autre chose." Dit le blond en se passant la main sous les yeux pour retirer ses débuts de larmes. "Alix Kane par exemple. Il me plait de plus en plus, au lit bien sûr. Il est toujours partant, et très sensuel. Un peu trop collant par contre. Et il sait se la fermer en public, enfin ça se comprend il n'a pas envie que les autres sachent qu'il est gay mais c'est une qualité appréciable."

"Pourquoi tu me parles de lui ?"

"je me demandais s'il t'avait parlé de moi, j'ai l'impression qu'il s'attache trop."

"Non, il m'évite. Il sait que je connais son petit secret."

"Bien alors ça va. Ca aurait été dommage de devoir le rayer de la liste des baisables sms."

"Je préfère le terme coup d'une nuit."

"Moi je trouve ça plus vendeur, et tellement vrai. Et toi alors quand est-ce que tu te fais un coup d'une nuit ? Je t'ai présenté un nombre incalculable de filles de toutes sortes pendant les vacances et t'es pas fichu de t'en faire une."

"Ca ne m'intéresse pas."

"Les filles ou le sexe ?"

"Les coups rapides, tu le sais très bien."

"C'est bon t'es pas une fille. Comme je te l'ai déjà dit mille fois, ta petite Lily se fichera bien de savoir si elle est la première si un jour tu arrives à sortir avec elle, et comme je n'ai pas vu de collier avec émeraude au cou de la belle j'en conclus que tu ne lui as pas offert son cadeau."

"..."

"Mon très cher frère, quel doux plaisir que de te renvoyer tes propres mots. Dis-moi qu'est-ce que tu attends ? Tu n'es plus un petit garçon. Jusque quand vas-tu te taire ? Jusqu'à ce que vous partiez de Williamson ? Jusqu'à ce qu'elle se marie ? Qu'elle ait un enfant ?"

"Très amusant, Zéphyr."

"Tu entends la douce mélodie ? C'est celle de notre irrémédiable déchéance."

ooOoo

Alix Kane avait une vie parfaite. Toute sa classe l'adorait, il était le petit chouchou des filles, toujours souriant il apportait la bonne humeur où il allait. Toujours partant pour s'amuser aussi. Il parlait de tout avec tout le monde et disait à chaque fois à ses interlocuteurs ce qu'ils avaient envie d'entendre.

Et puis il avait une relation secrète, relation était déjà un mot trop fort pour ce qui se passait entre lui et Zéphyr Barrow mais ça lui suffisait amplement.

Il s'était rendu compte de son attirance pour les hommes un an auparavant et ce fut un véritable choc. Toute sa vie on lui avait répété à quel point il était petit, chétif et efféminé avec ses cheveux bouclés par rapport à son père un ancien footballeur à présent entraineur, on s'était souvent moqués de lui en sous-entendant qu'il était surement gay, et depuis toujours il avait détesté cela. Il n'avait jamais souhaité l'être et n'avait rien ressenti de tel. Alors quand il avait commencé à réagir à la vue d'un homme cela avait été une terrible souffrance, il avait vécu cela comme une malédiction.

Il était sorti avec des filles avant cela et était pourtant sûr de les avoir aimé. Bon pas d'un amour de conte de fée mais il était sincère, et voilà qu'à présent il ne ressentait absolument plus rien pour elles.

Céleste était le genre de filles qui lui plaisait d'habitude et il avait pensé que s'il sortait avec elle, s'il s'investissait dans cette relation il finirait par revenir vers le droit chemin. Ca avait été un échec complet. Et moins il l'aimait, plus il se montrait amoureux, gentil et attentionné à son égard pour essayer de l'aimer.

Après il y eut Zéphyr, le baiser, et la drague de celui-ci. Il avait essayé de résister, il avait vraiment essayé, mais l'attirance avait été plus forte.

Aujourd'hui il avait toujours honte de ses penchants. Mais ça ne l'empêchait pas de les assouvir avec l'autre homme et d'adorer ça. Alix aimait spécialement s'abandonner complètement, laisser à Zéphyr toutes les initiatives, dicter leurs positions, leurs gestes. Il se laissait manipuler comme une marionnette et se rendait compte qu'il ne jouissait jamais autant qu'à ces moments-là.

Finalement cela correspondait bien à son caractère : Alix avait toujours fait en sorte de faire ce que les autres attendaient de lui, de parler de ce dont ils voulaient parler, d'aimer ce qu'ils aimaient. C'est ainsi qu'il concevait la vie et c'était logique qu'il en fasse de même dans l'intimité.

ooOoo

Un vendredi soir, dans un café psychédélique débordant de couleurs flashys, le jeune Anislas buvait un jus d'orange. Il regardait sa montre toutes les minutes, très ennuyé : cela faisait dix minutes qu'il attendait Foley mais il avait aussi dix minutes d'avance. Le photographe l'avait invité ce soir pour fêter leur 'deuxième collaboration', en effet le photographe l'avait laissé prendre l'appareil lors de leur séance la veille et une de ces photos était sortie du lot. Le garçon avait beaucoup hésité à accepter l'invitation : Foley commençait tout juste à le respecter et il ne voulait pas risquer de tout faire s'écrouler, mais il n'avait pas pu résister au sourire enjôleur de son patron.

Celui-ci arriva, habillé en costume grande classe ce qui surprit Anislas qui lui portait ses vêtements habituels c'est-à-dire un vieux jean usé et délavé, un pull col en V et une jolie veste noire en velours que Zéphyr lui avait offerte.

Ils se firent la bise puis Foley s'assit et commanda une bière. Le plus jeune ne pouvait s'empêcher de trouver la situation étrange et inconfortable. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Etait-ce un verre entre potes, ce qu'ils n'étaient pas, ou plus surement un rendez-vous, ou même un plan cul ? Il n'en savait rien.

Ils discutèrent du temps, de la télévision et d'autres sujets banals qui comblent le vide lorsque l'on n'a rien à se dire.

"Je voulais te dire, la flèche, ta photo a été refusée."

"Quoi ?"

"Par le client. Il l'a trouvé trop gentil, pas assez provoc' à son goût. T'en fais pas c'est un vieux con qui pense qu'il faut forcément qu'une fille montre ses seins pour qu'on veuille acheter ses tee-shirts. C'est toute la beauté de ce métier : on fait des photos magnifiques refusées par des abrutis sans talents artistiques qui t'engagent justement car ils n'ont pas de talents pour faire eux-mêmes ces photos."

"C'est pas la peine de me chercher des excuses. C'est dommage quand même."

"Tu pourrais faire quelque chose pour moi pour te rattraper."

Anislas le regarda avec interrogation et méfiance. Il avait suffisamment entendu ses mots de la bouche de Zéphyr pour savoir que cela n'engageait à rien de bon.

"Je fais un shooting dans deux semaines en plein air dans la campagne pour mon book personnel, tu veux être de la partie ?"

"Où est le piège ?"

"Je ne te paierai pas."

"Oh..." Répondit Anislas en baissant les yeux. "..."

"Ouch, ça fait mal. Tu ne veux pas ?"

"Si, bien sûr, c'est juste que... disons qu'en ce moment je suis... j'ai vraiment besoin d'argent."

"Okay. Je ne pensais pas qu'un garçon de Williamson manquait de sou."

"Et bien si." répondit-il amer.

"Tu t'achètes de la drogue ?"

"Bien sûr que non ! Si tu veux tout savoir je me paie mes études et Williamson n'est plus vraiment dans mes moyens."

"T'as été foutu dehors par tes parents ?"

"Non ! Laisse tomber s'il te plait, je n'ai pas envie d'en parler..."

De plus en plus la curiosité du photographe montait pour son jeune modèle. Anislas Davis était entouré de beaucoup de mystères, il ne parlait jamais de lui. Souvent il avait un air perdu et mélancolique, et la seconde d'après il pouvait se montrer vif, curieux de tout et joyeux. C'est ce qui lui plaisait chez les adolescents lorsqu'ils les prenaient en photo : ils ne calculaient pas tout et étaient entiers jusqu'à l'extrême. Les photos en devenaient plus denses et vivantes.

"Je suis désolé." Dit le garçon.

"Tu vas un peu arrêter de t'excuser tout le temps. Si ça continue je vais te demander un billet à chaque fois que tu t'excuseras."

"Pardon... euh enfin non ! Ah c'est trop dur ! Je suis dés.. C'est une mauvaise habitude." Bafouilla le petit brun qui prenait une belle teinte brique.

Foley n'y tint plus et éclata de rire.

"Okay. Je vais te rémunérer pour le shooting. C'est bon, tu acceptes d'y participer ?"

"Oui, avec plaisir." S'exclama-t-il.

"Okay. Voilà qui est réglé."

Ils commandèrent deux bières, et discutèrent plus détendus. Leurs verres finis, Foley lui demanda s'il avait un petit-ami.

"Si je réponds que non, ça serait accepter implicitement que vous me draguiez." Répondit le petit brun avec un sourire gêné.

"Donc tu n'as pas de petit-ami." Dit-il les yeux pétillants de désir. "Intéressant."

"Je n'en cherche pas spécialement." Répondit-il en se replaçant une mèche derrière l'oreille.

"Pourquoi ?"

"Les mecs ça ne me réussit pas, je devrais virer hétéro."

"C'est-à-dire ?"

"Et bien, comment dire, en général les mecs qui me draguent ou qui me plaisent ne sont pas bien, enfin je veux dire... J'ai pas envie d'être un morceau de viande. Je voudrais une relation sérieuse."

"T'es trop jeune pour les relations sérieuses." Rit Foley.

"Je ne demande pas la maison et un chien, mais une relation qui dure ça serait déjà un bon commencement."

"Okay. Tu as l'air d'avoir eu le coeur brisé."

"... Oui... On peut dire ça... ... Je n'ai pas envie d'en parler."

"Okay. Mais tu sais, je pourrai être tenté par une relation durable moi aussi."

Anislas gloussa et dévia le regard. Foley lui caressa la joue, il sentit son cœur s'accélérer.

"Non..."

"J'ai pourtant eu l'impression de te plaire ces dernières semaines."

"Oui mais vous êtes mon patron. Et puis vous avez une sacrée réputation, j'ai pas envie de me sentir trompé à chaque shooting avec des hommes. Et je n'ai pas le temps pour une relation j'ai trop de boulot, j'ai pas envie de m'investir là-dedans. Sans compter que vous allez me larguer tout de suite après avoir couché avec moi alors ça ne vaut vraiment pas le coup. Et puis vous avez presque huit ans de plus que moi quand même, et finalement on ne connait pas grand chose l'un de l'autre. Vraiment non."

"Tu as l'air d'y avoir beaucoup songé !"

Le cou et les joues du garçon s'empourprèrent. "Juste un peu."

"N'en parlons plus. Tu as raison, je ne suis pas un type bien. Tu fais bien de te méfier. Oublie donc cette histoire mais tu as soulevé un point important : je ne connais rien de toi."

"Merci. Merci beaucoup. Et pour moi, et bien il n'y a pas grand chose à dire. Et vous, qu'est-ce qui vous a motivé à faire de la photo de mode ?"

"Tu n'aimes décidément pas parler de toi. Si ça continue je vais te suivre partout !" Plaisanta-t-il. "Ce qui m'a motivé, la beauté humaine bien sûr. J'ai toujours aimé prendre des photos, et en particulier de mes petits-amis, de gens beaux pour magnifier ce monde souvent trop laid. Je crois que ce qui me plait dans une photo c'est que cela exprime l'émotion et la pensée du photographe dans une réalité imaginaire. On peut tout faire en photo, laisser complètement libre cours à son imagination, encore plus maintenant avec les logiciels de plus en plus perfectionnés."

"Oui, c'est vrai mais moi je ne vois pas ça comme ça. Pour moi un photographe arrive à capturer les instants beaux, à voir ce que les autres ne peuvent pas voir et à le rendre meilleur comme un peintre. Mais vous avez raison. Souvent quand je regarde des photos de shooting de moi je ne me reconnais pas du tout, je ne vois rien de ma personne dedans. D'ailleurs je ne me sens pas moi-même pendant la séance, je suis déguisé et je joue un rôle, le rôle qu'on me demande, un peu comme un acteur qui suivrait ce que le réalisateur lui dirait. Je suis toujours surpris et émerveillé quand je vois le résultat final. Mais ce n'est pas moi dessus, c'est une photo prise parmi cent minables, et retouchée : je gagne des muscles, j'ai l'air plus grand, ou au contraire j'ai l'air encore plus d'une fille. C'est marrant."

"A en parler ainsi, tu n'as pas l'air d'aimer les shootings"

"Oh si ! J'aime beaucoup ça. J'aime jouer des rôles complètement différents de moi, je me sens plus libre. C'est juste bizarre de voir le résultat final."

"Oui c'est vrai Ani. Tu es mes pinceaux et ma palette de couleurs mais au final c'est moi qui décide d'à quoi tu vas ressembler sur le papier. Ange ou démon. Tu es entre mes mains."

"Bonjour la phrase de psychopathe." Rigola Anislas.

Tous les deux burent de bon coeur. Foley lui raconta des anecdotes de sa jeunesse dans le métier et Anislas lui raconta ses déboires au café Gontry où il travaillait. Vers onze heures, Foley lui proposa de le ramener au collège.

"Oh c'est bon je vais prendre un taxi."

"Ne t'embête pas, chéri, je te ramène, ça prendra une seconde."

"Pas de détour, hein ?"

"Promis."

Foley tint sa promesse. Il l'accompagna jusqu'à l'entrée de l'immense collège.

"Et bien, on ne voit rien de l'intérieur avec cette rempart, tu es sûr que ce n'est pas une prison ?" Dit-il en observant le haut mur de briques.

"Crois-moi, y en a qui arrivent quand même à faire le mur."

"Ah la jeunesse courageuse ! Ce que ça me manque !"

"Merci de m'avoir ramené."

Le photographe rapprocha sa main et replaça une mèche de cheveux, toujours la même, derrière l'oreille du garçon. Le simple frôlement des doigts sur son oreille donna envie à Anislas de ronronner. Il ferma les yeux, gêné par le plaisir qu'il ressentait, et lorsqu'il les rouvrit le visage de Foley s'était rapproché à quelques centimètres du sien. Celui-ci déposa un baiser délicat sur sa joue, ses lèvres ne bougeant plus de leur place. Anislas lui-même n'avait pas envie que ces lèvres s'en aillent, ou alors si, pour aller dans son cou, ou contre ses propres lèvres, alors il ne bougea pas et profita du doux contact.

"Bonne nuit, Anislas." Entendit-il susurrer à son oreille.

"Bonne nuit."

Il sortit de la voiture avec regret.

ooOoo

Le collège de Williamson contenait une des plus impressionnantes collections de livres d'Angleterre. Certains étaient interdits aux élèves de par leur rareté, seulement quelques élus ayant les faveurs de la bibliothécaire Mme Ping avaient le droit de mettre les pieds dans la réserve. Parmi ces étudiants on retrouvait Cole Hunter et Lily Mild. Tous les deux se passionnaient pour la littérature, et partageaient cette passion. Lorsque l'un avait aimé un livre, il le conseillait à l'autre qui le lisait aussitôt, et cela aboutissait à de longs débats dans la réserve de la bibliothèque ou dans le salon des élèves.

Tous les deux étaient les meilleurs-amis du monde, en tout cas lorsqu'ils étaient seuls car chacun détestait les amis de l'autre : Cole trouvait les amies de Lily toutes écervelées et sans relief, et sa Lily ne manquait pas de s'étonner de son amitié avec Zéphyr et déclarait que ses amis étaient immoraux, cruels et hypocrites.

Ils avaient une prédilection pour les classiques anglais mais en vérité pouvaient lire de tous les genres et toutes les époques. C'est ainsi que, dans le salon des élèves, Lily étaient en train de lire une histoire de fantômes chinois adapté prochainement au cinéma que son ami lui avait conseillé. Si emportée qu'elle était dans sa lecture, elle ne remarqua pas celui-ci entrer dans la salle. Il l'observa et la trouva incroyablement belle, bien plus jolie que toutes les bimbos que Zéphyr avait pu lui présenter cet hiver. Lily avait la beauté d'une âme sereine et souriante, amoureuse de la vie et de la nature. Elle était très petite, gracile avec des petites mains toutes fines et des doigts que Cole ne se lassait pas de regarder lorsque ceux-ci tournaient les pages. De longs cheveux roux bouclés et des yeux mordorés illuminaient son visage. Il s'assit à quelques mètres d'elle, ne voulant pas la déranger dans sa lecture, et ouvrit un livre qu'il fit semblant de lire tout en continuant de la regarder.

"Je ne vois pas ce que tu lui trouves."

"Hein ?" Dit Cole en sortant d'un coup de son songe. "Qu'est-ce que tu veux dire, Zita ?" Se mit-il en colère.

"Toutou veille bien sur sa maitresse."

Cole lui lança un regard noir dont il avait le secret.

"Oh mais c'est qu'il sortirait les crocs... C'est bon, j'arrête, promis. Je te dérangeais dans ta contemplation car j'ai un petit service à te demander."

"On peut dire que tu sais mettre les gens dans l'ambiance quand tu as besoin d'eux." Grogna Cole de plus en plus énervé. "Et bien alors, parle !"

"J'aimerais que tu poses pour moi, j'ai besoin d'un nouveau modèle."

Les yeux lui en tombèrent. S'il s'était attendu à ça !

"Je vois que l'idée t'emballe. Viens dans l'atelier jeudi vers 19h, je ferai quelques croquis pour commencer."

"Je n'ai jamais dit que..."

"A jeudi !" Dit-elle en se sauvant.

Cole n'eut même pas le temps de finir sa phrase. Il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Un peu chamboulé, il ne remarqua pas Lily qui s'était assise en face de lui.

"Salut ! Tu es là depuis longtemps ? Je viens juste de te remarquer." Dit-elle de sa voix douce maternelle.

"Non je viens d'arriver."

"Tu es ami avec Zita Wimsett ? Je ne savais pas."

"Non, on n'est pas amis."

Lily prit un air interrogateur mais devant le regard encore noir de son ami elle décida de ne pas insister. Cole aimait garder les choses pour lui et elle respectait cela.

"J'aime beaucoup le livre que tu m'as conseillé : il est si beau et léger. J'ai l'impression d'être sous un cerisier en fleur en train d'entendre les murmures de mes ancêtres dans le vent. Il est si apaisant, mais je crois que ça ne donnera rien au cinéma."

"Oui, je suis bien d'accord avec toi. Il m'a beaucoup détendu."

"Mais n'en parlons pas tout de suite, je ne l'ai pas encore fini et je veux garder la surprise de la fin."

"Reste ici pour le lire, j'ai moi-même mes lectures."

La jeune femme fit un grand sourire et reprit son livre. Cole fit de même. Il se sentait bêtement heureux à la savoir juste à côté de lui. Il pouvait respirer sa douce odeur de lait de vanille et la voir masser son oreille gauche du bout de son pouce et de son index comme elle le faisait inconsciemment à chaque fois qu'elle se concentrait.

ooOoo

Zita était une artiste perfectionniste. Danseuse, elle avait un corps souple et musclé, tout élancé, son visage en longueur avec des pommettes saillantes lui donnait un air grave. Ses yeux marron étaient maquillés de beaucoup de noir, et ses cheveux teints d'une couleur auburn à la limite du rouge. Elle avait porté quelques jours un piercing à l'arcade mais le directeur déjà agacé par son look original le lui avait interdit. L'argent des parents n'autorisait pas tous les excès, l'avait-il grondé. Le visage toujours sérieux, elle maniait un humour morbide qui en faisait fuir plus d'un. La jeune femme s'était aussi mise au dessin depuis deux ans et s'était avérée plus talentueuse dans ce domaine. Leur professeur d'Art plastique l'avait prise sous son aile et l'autorisait à utiliser l'atelier quand elle le souhaitait.

Jeudi soir Zita travailla jusque tard le soir dans l'atelier mais ne vit pas l'ombre d'un Cole. Elle n'en fut pas surprise mais tout de même déçue. Le jeune homme l'intéressait d'un point de vue artistique, il avait des formes particulières, des expressions marquées et puis il y avait son histoire qu'elle avait lu dans les journaux et qui avait éveillé sa curiosité. Elle mit son tableau à sécher puis partit dans son dortoir.

A peu près au même moment, Cole arrivait dans la salle de Madame Hooper. Il prit une bière dans leur cachette en se faisant la réflexion que leur stock descendait dangereusement et commença à la boire en attendant son acolyte. Ceux-ci parlèrent longtemps du match inter-collège de baseball auquel participait Zéphyr, Cole lui-même était un grand fan de baseball. Puis après un long silence, il raconta sa 'discussion' avec Zita. Le blond n'en revenait pas.

"Et bien tu as un lièvre, et sans mon aide je suis très fier de mon élève."

"Très amusant. Non mais qu'est-ce qui lui a pris ?"

"Et tu n'y es pas allé bien sûr."

"J'ai une tête à aller m'étendre sur un canapé pendant que je me fais croquer sur papier ?"

"Indéniablement non."

Ils exprimèrent une foule de théories qui virèrent rapidement au grand n'importe quoi. Zéphyr se shoota et émit des hypothèses de trafic d'organes au sein de l'école dont la professeur d'Art serait l'investigatrice.

Un peu avant minuit, le blond dit au brun qu'il devait partir : "J'ai rendez-vous avec ton charmant colocataire."

"Merveilleuse nouvelle." Dit Cole ironiquement.

"Ne joue pas les jaloux, ça ne te va pas. J'ai prévu un cadeau tout particulier pour lui aujourd'hui mais j'hésite à lui offrir."

Cole lui jeta un regard méfiant. Au fond il était certain de ne pas vouloir savoir de quel 'cadeau' il parlait mais le blond avait éveillé sa curiosité.

"Et il s'agit de ?" Demanda-t-il d'une voix qu'il espéra suffisamment négligente.

Le sourire de Zéphyr se fit cruel. Il sortit de son manteau deux anneaux dans un sachet.

"Des boucles d'oreilles ?" Demanda-t-il dubitatif.

"Pas pour cet endroit. Ce soir on fait le mur pour lui installer ces deux anneaux blancs à un endroit où les professeurs ne pourront pas lui faire de reproches."

Cole rougit malgré lui. Zéphyr lui précisa avec un sourire mutin que ce n'était pas à l'endroit où il pensait.

Les jours suivants, Cole guetta Alix. Celui-ci ne prenait plus sa douche en même temps que les autres garçons du dortoir et ne se changeait plus devant eux. Personne ne s'en était aperçu ou n'en faisait la réflexion puisqu'à part ça son comportement n'avait pas changé du tout.

Le brun, curieux, découvrit vite où se situaient les fameux piercings. Il entra dans la salle de bain lorsqu'il savait Alix à l'intérieur, se mit dans la douche d'à côté et le blond ne put lui cacher bien longtemps les anneaux accrochés chacun à un téton.

Cole fit une moue amusée et murmura 'plus gay tu meurs' ce qui lui valut un regard foudroyant du petit blond.

ooOoo

Ce samedi de février il pleuvait à verse à Londres ce qui attrista beaucoup un certain petit brun aux grands yeux bleus sombres. Il regarda avec mélancolie les nuages tout en repensant au message de son patron qui avait annulé le shooting en extérieur et décalé à trois semaines, et bien plus grave à son entretien de la veille avec le directeur de Williamson. Celui-ci avait été très clair : il avait jusqu'à la fin des vacances de février pour payer ce trimestre jusqu'au dernier centime à l'école sinon ce n'était pas la peine qu'il mette les pieds dans l'établissement à la reprise des cours donc dans trois semaines...

Il fit ses devoirs en se disant que tous ses efforts n'avaient finalement servi à rien. Il avait beau se tuer à la tâche entre les cours, le restaurant et les séances photos, il n'arriverait jamais à réunir une telle somme et serait jeté de Williamson comme un clochard d'un magasin.

Il alla au réfectoire la mort dans l'âme en se disant que d'ici une semaine il ne reverrait plus jamais ces endroits somptueux. Même cette pièce était superbe, se dit-il, on aurait dit un restaurant, il y avait même des plantes et des sculptures.

Zéphyr vint le voir et lui demanda : "Ca te dit d'aller au ski pendant les vacances de février ? Il y a déjà Zig, Liam, Cole, Prisca, Nathanaël et Lana qui viennent, et surement d'autres."

"Non merci." Répondit-il sèchement. Ce n'était vraiment pas son jour.

"Quel accueil ! Je t'ai fait quelque chose pour mériter une réponse aussi rapide et colérique de ta part ?"

"La Terre ne tourne pas autour de toi, Zéphyr. Pardon, je n'ai pas le moral, ce n'est pas de ta faute."

"Qu'est-ce qui se passe ? C'est Foley ? Je croyais pourtant que ça se passait bien maintenant entre vous deux, c'est presque le grand amour."

"Ne te moque pas de moi. Et cela n'a rien à voir."

Zéphyr lui tira les vers du nez. A bout, Anislas lui répondit au bord des larmes :

"J'ai besoin d'argent pour payer cette connerie d'école et jamais j'en aurai assez. Pour toi c'est normal d'être ici, ça te fait même chier mais pour moi c'est un rêve et je vais devoir partir car à part cambrioler une banque je vois vraiment pas comment je peux m'en sortir !"

"Fais des photos pornos." Blagua le blond.

"Même ça ça ne suffirait pas."

"Je crois que le pire c'est que tu viens de me répondre sérieusement. Qu'est-ce que tu trouves à cette école, sincèrement ?"

"J'y ai tous mes amis, tous les gens qui comptent pour moi, et tu sais très bien que les seuls gens qui comptent pour vous sont ceux qui partagent votre niveau de vie. Je n'existerai plus quand je serai parti. Je ne veux pas."

"T'as besoin de combien ?"

"Je ne demande pas ta charité, Zéphyr ! Je te dis seulement que c'est injuste. Il n'y a personne dans cette école qui veut autant y être que moi."

"Et bien remets-toi au piano."

"Ce n'est pas si simple. Laisse tomber tu veux. Je ne sais pas pourquoi je me suis plaint à toi, et puis j'ai des choses à faire, au revoir."

"Si tu dois partir bientôt il faudrait que l'on en profite tous les deux, que dirais-tu d'une soirée en tête-à-tête, pas ce soir je vais en boîte avec Prisca et Nathanaël, mais demain soir si tu veux. Rendez-vous à 22h à la serre."

Anislas hésita puis accepta. Il avait envie de profiter du temps qu'il lui resterait avec l'homme de ses rêves.

ooOoo

Le dimanche soir les deux hommes se retrouvèrent dans les serres, lieu de rendez-vous bien connu des élèves de Williamson. Anislas se blottit dans les bras de Zéphyr et respira son cou, cette délicieuse odeur de paille et de musc qu'il aimait tant, il lui suçota doucement le lobe de l'oreille et sentit les mains du plus grand caresser son ventre, et passer sous le tissu. Ils s'embrassèrent et savourèrent le plaisir de l'habitude : chacun savait ce qu'aimait l'autre et comment éveiller son désir.

Cela faisait déjà trois ans qu'ils étaient amants à l'occasion.

Le brun commença à déboutonner sa chemise lorsque le blond l'arrêta.

"Pas tout de suite. Je voulais que l'on parle avant."

La surprise se lisait sur le visage du garçon. "Oui ?"

"J'ai une idée pour ton problème d'argent mais il faut d'abord que tu me dises combien il te manque."

Anislas lança un regard furieux auquel répondit l'autre par un baiser sur le nez.

"Je savais que je n'aurais pas dû t'en parler, qu'est-ce qui m'a pris... Ca ne te regarde pas."

"Ca me regarde si je ne peux plus voir ton joli minois chaque matin."

"Laisse tomber."

"Tu sais que j'ai des manières de te faire parler..." Menaça le blond en posant sa main sur l'entrejambe du garçon.

"Ce n'est pas amusant, Zéphyr."

"Combien ?"

"12.796 livres."

"Mon dieu, tu tiens des comptes précis ! Et tu dois les avoir pour quand ?"

"Le jour de la rentrée après les vacances de février."

"Voyons voir tes possibilités... La prostitution ne te rapporterait pas autant, la vente de drogue non plus, il te reste à vendre un de tes reins, ou bien... il y a moi."

"Très amusant comme toujours, Zéphyr."

"Je suis sérieux. J'ai un travail à te proposer. Ca durera une soirée. C'est un boulot immoral, humiliant, légal dans ce pays, et tout à fait dans tes cordes. Et pour cela je te payerai 13000 livres cash. Nulle part ailleurs tu ne trouveras une offre pareille."

"Non." Répondit immédiatement Anislas. Il ne savait pas ce que Zéphyr avait en tête mais il savait d'une qu'il ne voulait de charité de la part de quiconque et de deux que Zéphyr ne donnait jamais rien vraiment gratuitement et que donc ce 'boulot' était forcément horrible.

"Tu as jusqu'à mercredi soir pour me donner ta réponse définitive."

ooOoo

Fin du chapitre.