Hey ! :) Comment allez-vous ? J'espère que celles et ceux ayant lu la partie 1 sont toujours au rendez-vous pour la partie deux ^^

J'ai oublié de vous dire qu'en fait cette histoire est un OS et que j'ai préféré découper en trois parties d'environs 6 pages A4 (enfin, ça, ce ne sont que des formalités xD) et que, bien entendu, je ne mettrais pas 4000 ans à les mettre sur le site !

Asia-Seven-Ice : Merci d'avoir donné ton avis, j'espère que ce second chapitre te plaira également ! Et bien, à dire vrai, je ne peux m'empêcher d'écrire des histoires sombres quoi que je fasse pour m'y restreindre, mais si cela plait... ^^" A bientôt !

MissOkaNii : Ouais, je l'aime bien aussi mon petit perso principal ^^ On aurait presque envie de le materner xD Tu as raison, "souffrir pour exister" est une philosophie terriblement triste... Au départ, je ne voulais pas uniquement me baser sur cet aspect de sa personnalité, sur cette souffrance qu'il garde en lui. Cependant, le faire se mutiler m'est venu tout naturellement : pour moi l'observation de la lune dans le froid ne peut se rapprocher que d'un état de solitude... Enfin bref, je suis contente que ce premier chapitre t'ai plu :)


A LA LUEUR DE LA LUNE

Partie 2

« Que fais-tu ici ? » s'exclama une voix que je ne connaissais que trop.

Quelle heure pouvait-il être pour que l'on vienne me surprendre à cet endroit du jardin ? Le matin ? L'après-midi ?

« Alors c'était ici que tu te cachais ? » brailla mon père, le visage déformé par l'exaspération comme par la colère.

Par réflexe, j'enfouis mon bras mutilé sous la polaire qui recouvrait mon corps en intégralité, ne pensant pas une seconde au fait que l'on ait pu m'en envelopper durant la nuit. Son sermon dura encore quelques temps alors que j'appris, par mon ventre grondant de faim, qu'il devait être midi passé. Je réussis à m'enfuir uniquement lorsqu'il reprit sa route jusqu'au composteur qui se trouvait à la limite du bois. Il avait certainement espéré qu'il continuerait ses remontrances lorsque qu'il aurait fait marche arrière pour revenir à moi, je n'étais cependant pas d'humeur à me faire disputer pour des raisons si peu crédibles que le fait que j'étais dans notre jardin.

Mon loup avait très certainement dû s'enfuir lorsque le jour s'est levé, remarquai-je alors que j'évitais ma mère qui se trouvait dans le salon pour venir, discrètement, récupérer de la nourriture dans le frigo. Lorsque mon assiette fut remplie de riz comme de massalé, je courus me réfugier dans ma chambre, unique lieu où n'atteignaient pas les disputes, celles cinglantes de mes parents entre autre, celles avilissantes sur ma propre personne.

Durant tout ce temps, j'avais évité de fixer mon bras. J'avais le besoin d'admettre qu'il ne s'était rien passé, que mon loup n'était pas arrivé pour me soigner et qu'il ne s'était pas exceptionnellement endormi à mes côtés. J'avais besoin de me dire que j'étais plus fort que tout ceci, que hier ce n'avait pas été moi. Mais refuser de fixer des marques n'est pas assez pour me persuader de telles choses, et je dus bientôt aller les passer sous l'eau comme me trouver un vêtement à manches longues.

Ces jours de week-end m'exaspéraient. Tout ce que j'avais à y faire était d'attendre que mon loup revienne le soir en ayant aucune certitude de l'heure ni du jour auxquels il viendrait me retrouver. Je m'attardais parfois sur quelques livres mais je n'étais jamais d'humeur à dépasser les première pages trop fades et trop peu réalistes à mon goût. Il me restait ce souvenir que je m'amusais à décortiquer, tentant de comprendre chaque geste, chaque sensations, chaque pensées que j'avais eues, ne comprenant toujours pas pourquoi j'avais osé réagir ainsi comme pourquoi cet homme m'attirait tant.

Il aurait très bien pu sortir de mon imagination. Aucun homme normalement constitué ne s'attarderait dans les bois en pleine nuit. Il ne pouvait être que dangereux voire n'être qu'une illusion. Il me semblait si beau, si sauvage qu'il ne pouvait très certainement pas exister. J'avais peut-être dû rêver de cet homme imaginaire, cela aurait expliqué le fait qu'il n'était pas revenu me rendre visite depuis, que je me sentais mal uniquement à cause d'un fantasme… Je chassais aussitôt ces pensées de mon esprit et prit une première bouchée de mon unique repas de la journée.

Dès aujourd'hui, la lune serait dans sa phase décroissante, je risquerais donc de ne plus voir mon loup avant le mois prochain. Quelques semaines plus tôt où l'attente s'était faite trop longue, j'avais fais quelques recherches dans une de mes encyclopédies qui m'avait permit de comprendre que mon loup n'apparaissait que de la phase croissante à la pleine lune puis qu'il ne revenait pas avant l'apparition de la nouvelle lune.

Bien entendu, je n'aurais su comment expliquer cette fascination d'un animal sauvage pour la lune montante, peut-être n'y avait-il là-dedans qu'un besoin de se diriger et que j'étais tout bonnement apparu dans son quotidien de loup sans ne serait-ce qu'un tiers de sa façon d'exister sur la Terre.

Néanmoins, l'homme était apparu deux jours après la pleine lune. S'il avait véritablement des activités cycliques dans les bois qui l'empêchait de venir me retrouver plus tôt, demain soir, il serait à nouveau devant moi ! L'espoir ne pouvait que me rongeait de l'intérieur, je me réjouis cependant de mon expertise.

Le soir venu, ouvrant ma fenêtre en grand, je décidai de m'installer sur son rebord extérieur plutôt qu'intérieur, laissant ma jambes droite dans le vide. Afin que les cendres ne tombent pas directement sur la terrasse devant la porte fenêtre de la chambre de mes parents, j'installai un cendrier sur mon ventre, mon regard plongé au loin, là où les herbes envahissent la Terre, là où mon ami le loup devait se trouvait.

Je chantonnai lentement quelques paroles qui tournaient en boucle dans ma tête tout en observant pensivement la Lune lorsque, tout à coup, je sentis un sombre regard se poser sur moi. Je scrutai aussitôt l'orée des bois cependant rien ne me parvint. La sombre nuit obstruait ma vue, seul l'ombre des arbres semblait me cacher ce que j'attendais depuis de longues semaines.

Et le lendemain, alors que je recherchai à nouveau ce regard, je sentis le déception me gagner de ne plus le voir. Tandis que rien ne me permettait de me raccrocher à la réalité comme d'espérer que cet être me revienne, épaules basses, je partis me coucher. L'astre lunaire se raillait de moi, je le sentais, ne pouvais que me morfondre, me traiter d'idiot, ressentir le vide. Toujours ce vide asphyxiant qui annihilait mes heures de répit durant la nuit.

Mon visage s'était finalement décomposé le troisième soir. D'après mes réflexions, il aurait dû revenir le jour précédent, j'espérais, me raccrochais à son image. Un buisson me semblait une ombre encourageante, le bruit du vent contre les branches imitait les légers pas qu'il aurait pu faire en arrivant jusqu'à moi. Un son, un unique son me permettait de me noyer dans le souvenir de cette peau contre la mienne, de ce regard de braise dont, chaque nuit, je rêvais. Inlassablement. Et parfois, l'envie de pleurer me revenait.

Le quatrième jour, bien trop déboussolé comme exténué par les sentiments que j'éprouvai pour cet inconnu, je ne retournai ni à l'extérieur ni près de ma fenêtre. Ayant tiré les rideaux – l'éclat de la lune m'ayant raillée au passage – je ne pouvais ainsi plus être tenté d'y jeter un œil, d'y faire passer mon désespoir. Je n'y tins cependant pas. Une cigarette aux lèvres, une couverture en crochet autour des épaules recouvrant une autre couche de pull, je me trouvais à cet endroit où nous nous étions frôlés pour la première fois.

Je croyais devenir fou.

Fixant pensivement ce bras que j'avais pris l'habitude de meurtrir depuis ces cinq dernières années, redessinant mentalement la forme de chaque cicatrice, la façon dont chacune se croise et semble s'entremêler, je sentis mon corps être attiré en arrière, tomber, avant de finalement se reposer sur un autre corps, sur une autre chaleur. Je me détournai aussitôt de l'orée des bois et sautai dans les bras de mon inconnu. Son souffle chaud contre mon cou m'émoustillait, je m'amusai désormais à jouer avec ses cheveux, mon regard plongé dans le sien. Il ne pipait mot, se contentait d'être là, juste présent à mes côtés. Je resserrai l'étreinte de mes jambes autour de sa taille, et en vint à m'asseoir sur lui. Il ne rechigna pas, frôla mes lèvres d'un doigt.

« Pourquoi… » voulus-je l'interroger sur le temps qu'il avait mit à me revenir, ma phrase fut coupée par un grondement rauque.

« Ne pose pas de question… Je suis là, c'est tout ce qui compte… »

Mes mains s'ancrèrent tout naturellement dans ce dos que je ne me lassai pas de caresser. Je souris d'y découvrir quelques épines de sapin accrochées au tissus de son unique tee-shirt avant de venir les y retirer une par une. Lorsque mes doigts retournèrent à son visage et qu'il enlaça mon poignet de façon à ralentir mon mouvement, il dut sentir ce que je cachais car son expression se changea du tout au tout.

« As-tu recommencé ? » me demanda-t-il.

Le son de sa voix comme cette ignoble question résonnaient en moi, je baissai les yeux dans l'espoir de nous faire changer de sujet. C'était son corps que je voulais, sa présence, et non de futiles remontrances ! J'avais attendis trop longtemps pour cela ! Mais mes paupières restèrent closes comme je ne lui répondais pas.

« Montre-moi. »

Je me sentais dorénavant si honteux, si gêné qu'il s'aperçoive à nouveau de mon unique faille, de mon unique échappatoire. S'il n'avait pas fallut qu'il me manque autant, je me serais déjà enfui, j'aurais déjà tenté de l'oublier. Mais il était là, il s'intéressait à ce que j'étais réellement, à ce que je cachais continuellement aux autres et cette faiblesse dévoilée ne me fit bientôt plus que l'effet d'un douloureux souvenir.

Alors que je me décontractai, que j'acceptai d'enfin replonger dans son regard de braise, je ne sentis tout de suite pas cette langue sur mon poignet. Cette deuxième langue, celle de mon deuxième ami de la nuit, cette deuxième langue moins rappeuse, plus sensuelle, plus enivrante qui parcourait désormais mon bras entier. Frissonnant brusquement, je retins un gémissement qu'il dût entendre car sa pression se fit plus intense, plus présente. Ces sensations parcouraient mon corps, se regroupaient en mon bas-ventre, j'en rougissais d'éprouver tant de plaisir par cette chaude et unique langue.

« Dis-moi ton nom… » m'entendis-je souffler près de son oreille.

Bientôt, je me retrouvais à califourchon sur lui alors que ses lèvres avaient délaissées mon bras pour s'aventurer dans mon cou. Mes mains, elles, retraçaient les lignes de ses omoplates et bientôt de ses côtes. J'eus envie de l'embrasser. Le désir montait, insatiablement. J'espérais découvrir le goût de sa peau, je voulais également la marquer en moi, marquer cette soirée, l'attente qui en avait résultée. Je le voulais, là, maintenant, et l'allongeait bientôt à même le sol.

Une nouveau grognement sorti de sa bouche et il se plaint bientôt de ne plus avoir mon cou à suçoter. Je ne pus qu'en rougir avant d'enfin venir à frôler ses lèvres. Notre étreinte jusque là avait été brutale, intense, son rythme s'était brusquement adouci tandis que je sentais enfin ses lèvres contre les miennes, sa chaude langue y recherchant un passage.

« Je n'ai… » Un baiser. « … pas… » Un baiser. « … de nom. » Un baiser. Une caresse. Sa main sur mon entre-jambe.

Je retins un râle de plaisir alors que mon bassin se collait comme se frottait instinctivement au sien et que je m'amusai à relever son tee-shirt du bout du nez.

« Que dis-tu ? Ce n'est pas possible… Arrête de te moquer de moi. »

Je déposai un premier baiser entre ses côtes créant ainsi de légers frissons sur le reste de son ventre comme une partie de sa poitrine. Les sensations que je découvrais lorsque mon corps se frottait au sien m'émoustillaient bien plus que ce que j'aurai pu imaginer. Cet homme que je ne connaissais pas malgré cette irréversible envie de le revoir, de l'attendre, de le posséder m'offrait ces quelques minutes de plaisirs que je ne pouvais rechigner, que je ne pouvais qu'adorer comme redemander. Autour de nous, l'hiver n'existait plus, seule sa chaleur m'enivrait.

Sentant son érection contre l'une de mes cuisses, je décidai de m'asseoir dorénavant sur ses genoux, laissant ainsi libre cours à mes mains baladeuses sur le devant de son jean. Une odeur boisée me sauta au visage lorsque j'approcha à nouveau de son corps. Respirant longuement, je déboutonnai le bouton de son vêtement pour m'apercevoir qu'il ne portait pas de sous-vêtements. Je retins un sourire lubrique avant de libérer son membre du tissus et d'y déposer une première caresse buccale.

Je m'aperçus du fait que j'aimais sa voix, que j'aimais son souffle chaud dans mon cou. Ses larges mains n'étaient pas douces, son torse n'était pas aussi lisse et envoûtant que celui d'une fille cependant, y sentir les pulsations de son cœur s'accélérer lorsque je le touchais me troublait. J'avais envie de ce corps trop masculin, de cet être qui me semblait familier sans que, ni d'Eve ni d'Adam, je ne le connaisse. Je le voulais tellement… Il entra doucement en moi.

Moi qui me mutilait, moi qui m'ouvrait le bras et déversait l'essence même de mon être, ne s'aperçus presque pas la douleur. Ou plutôt, elle ne me dérangea pas. Je voulais tellement, j'aimais la douleur, aussi, je pouvais le ressentir. Plus intensément. Bientôt, il en vint à se rasseoir et à me retirer de dessus lui. Je me laissai faire. Il me fit mettre les genoux à terre avant de reprendre. De ne plus pouvoir le toucher aurait pu me déranger cependant, cette pensée se fit rapidement surpasser par l'idée qu'il était au dessus de moi, qu'il me dominait. Son souffle parcourait ma nuque, je le sentais y déposer quelques baisers.

Et dire que demain je ne le reverrais plus, que nous étions dans mon jardin, que mes parents et ma sœur étaient à deux pas. Au loin, je voyais ma maison éclairer la nuit. Qui ne dormait pas, qui aurait pu m'apercevoir en allant à la fenêtre ne m'importait plus. Il était là, en moi et je ne voyais plus que lui, je ne sentais plus que lui.

« Je vais… » gémit-il à mon oreille.

« Vas… vas-y, moi aussi… »

Ruisselant de sueur, le regard troublé par la passion, j'atteignais la jouissance, l'image de ma maison toujours dans les yeux. Il ne se retira pas tout de suite après être venu en moi. Ses bras encerclèrent mon corps alors que j'en venais à m'allonger sur l'herbe gelée de ce début d'hiver.

« Recouvre-toi » me dit-il en appuyant son menton près de mon épaule. « L'air se rafraîchit.

— Je t'ai toi, qui me réchauffe, rien ne peut m'atteindre… »

Je crus le sentir se crisper au dessus de moi, je passa outre cette idée. Il se releva, se rhabilla sous mon regard interrogateur. Je ne percevais que quelqu'un de ses mouvements dans la nuit sombre. La lune avait disparue depuis longtemps recouverte par les nuages comme moi j'avais été recouvert par lui.

« Le jour va se lever. Je reviendrai. »

Je ne pus amorcer aucun mouvement pour le rattraper qu'il avait déjà disparu dans les fourrés.


« Au fond de ses yeux débordants de larmes,

La lune pâle tombe silencieusement en morceaux. »

Eden - TO DESTINATION


A suivre.