CHAPITRE 1 :

Les coïncidences de la vie

Pourquoi était-il venu aujourd'hui ? A cette heure-ci, il serait en train de composer ou de bricoler dans son atelier, pénard ! Pourquoi ne pas être resté à la maison ? Ah oui, pour échapper à son crétin d'oncle. Comme d'habitude, il s'était encore embrouillé avec lui. Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre qu'il était jeune ? Qu'il avait une passion ? Non, tout ce qui lui importait c'était les notes, les devoirs, les bulletins. A chaque fois le même discours !

La sonnerie coupa le professeur dans son monologue et tout le monde soupira de soulagement. Enfin, il était l'heure de manger ! Avant même que le professeur n'ait eu le temps de donner les devoirs, la moitié des élèves étaient déjà de l'autre côté de la porte.

Parmi eux Zach Avery , qui se promena nonchalamment dans le couloir central de l'établissement. Aucune chance qu'avec une bande d'affamés aux portes de la cantine, on puisse être servi avant midi et demi. Ainsi donc, il avait un peu de temps pour s'étendre quelque part à l'ombre, la musique de The Script dans les oreilles et le va-et-vient du vent d'automne lui caressant le visage. Il savait exactement où se trouvait cet emplacement paradisiaque et il s'y rendit.

Il sortit son iPod de sa poche, déroula ses écouteurs (qui arrivaient toujours à s'emmêler dans sa poche pour une certaine raison), s'assit dos au chêne et fit jouer un remix qu'il avait composé lui-même. Il ferma les yeux. Qu'est ce que ça pouvait être bien de se laisser bercer par la musique et par ce temps idéal… Cette sensation d'être seul au monde, d'être libre comme la pensée. Il ne voulait rien de plus que de rester dans ce moment pour une durée infinie.


Quand elle sortit enfin de sa salle de classe, comme une prisonnière libérée, Alexandra (notre protagoniste, je le rappelle) marcha vivement et presque sautillante jusqu'à son casier, pour y balancer ses affaires. Du coin de l'œil, quelque chose noir capta son attention. Après avoir refermé son casier, elle se rapprocha pour voir de quoi il s'agissait. C'était un portefeuille et il avait l'air plutôt bien en forme. Étant prise dans un dilemme entre son petit démon intérieur qui lui disait de vider le contenu dans sa poche et sa conscience qui lui criait de le rendre à son propriétaire, elle s'arrêta pendant plusieurs secondes avant de le ramasser. Le hall était désert sauf pour un garçon qui marchait droit devant. Elle le héla mais il ne se retourna pas. « Encore un bouché dans cette école ?! » s'énerva-t-elle. Elle courut vers lui en tentant d'avoir son attention avec un « excusez-moi ». Puis, toujours devant le manque de réaction de celui-ci, elle céda à la tactique la plus efficace et l'empoigna à l'épaule pour qu'il lui fasse face.

Le garçon se retourna et planta ses yeux verts dans les siens. Il était visiblement mécontent d'être dérangé. Ses lèvres formèrent une ligne droite, qui trahissait davantage son irritation.

« Vous avez fait tomber quelque chose, lui dit Alexandra tandis qu'il la regardait, méfiant. Je suppose que c'est votre portefeuille.

-Tu supposes bien. »

Et, sans même la remercier, il se retourna et continua sa route, laissant la jeune fille sous le choc. Jamais n'avait-elle rencontré quelqu'un de si méprisant et antipathique ! Peut-être fusse sous l'injustice quand à cette scène et le regret de ne pas plutôt avoir gardé pour elle ce qu'elle avait rendu, elle s'écria :

« DE RIEN SURTOUT, HEIN ! C'est ça, ignorez-moi pendant que vous-y êtes, espèce d'impoli ! La prochaine fois, ne comptez pas sur moi pour vous aider pour quoi que ce soit ! »

Il ne se retourna même pas. Aucune réaction. Alexandra en devenait rouge de colère. Elle se retourna et marcha en trombe vers ses affaire, déposées au pied de son casier.

« Je préfère crever que de demander ton aide ! » lui cria-t-il soudainement or continuant à marcher comme s'il considérait qu'elle ne méritait même pas qu'il se retourne.

C'est ça, tu vas voir pauv' type ! Le mal vient quand on ne s'y attend pas ! le maudit-elle en se dirigeant vers sa classe de cours.


Quand Magali Cartes entendit la sonnerie signalant la fin de la pause, elle soupira bruyamment. Encore une heure infernale avec ces Terminales ES. Ils étaient tellement immatures et difficiles qu'elle se demandait comment il était possible qu'ils n'aient pas redoublé. Cette classe possédait peut-être des cerveaux d'Einstein mais leur attitude en cours laissait encore à désirer. Surtout celui de cet Oscar Wayne !

Elle était jeune, soit, mais elle était aussi professeur et lui, son élève ! Or, depuis la début de l'année scolaire, il s'acharnait à la draguer, de manière franchement dite. Parce que les sous-entendus de ses remarques, les regards insistants qu'il posait sur elle, elle les avait nettement compris. Et malgré le fait qu'il soit attirant (bon, ok, franchement magnifique), elle refusait catégoriquement d'avoir une relation de quelconque origine avec ses élèves. C'était un des principes d'être professeur, se disait-elle. Et même si l'école n'avait pas imposé de règlement concernant les liaisons prof-élèves et qu'il était majeure, elle n'était tout de même pas embauchée pour séduire !

La jeune professeur arriva devant la porte de sa salle de cours et coupa tous les bavardages en y entrant. Du coin de l'œil, elle ne pouvait s'empêcher de le remarquer : jeans, T-Shirt noir, cheveux nonchalamment coiffés et regard azur magnifique, comme à son habitude, Oscar Wayne rayonnait, comme un soleil en plein été. Assis à la table la plus proche, du tableau, il avait sorti ses affaires et les avait déposé en vrac sur son plan de travail. Mais Magali savait que ça le lui serait totalement inutile : il ne prenait jamais de notes dans son cours.

Dès qu'elle fut entrée, elle sentit son regard inquisiteur se poser sur elle et malgré que ce détail ait échappé à toute la classe, elle l'avait vu se mordre la lèvre en souriant. La partie de chasse commençait...

Bien évidemment, tout ce manège était un bon passe-temps pour lui et il prenait beaucoup de plaisir à lui infliger ce calvaire. Car de son côté, la demoiselle recevait, suite à ce favoritisme, les foudres des jeunes filles de la classe. La preuve : celles-ci parlaient dans son dos et critiquaient tout ce qui pouvait être critiqué. Malgré son corps digne de celui d'une top-model, les remarques blessantes sur son physique parvenaient toujours à la complexer. Et son prétendant, qui pensait bien faire en disant qu'il adorait en particulier telle ou telle partie de son corps ne faisait qu'attiser les braises.

Après un mois, les adolescentes avaient fini par être habituées à cette attention particulière de leur blond préféré pour leur professeur de maths et avait calmé un peu leur jalousie. Mais ça ne signifiait pas qu'elles arrêtaient de la foudroyer du regard pour autant. De toute façon, c'était elle la prof et ces filles, ces élèves. Si quelqu'un avait donc plus de pouvoir sur l'autre, ce serait plutôt la jeune professeur.

Magali s'assit à son bureau et commença l'appel. En arrivant au tour de son bourreau, il s'empressa de dire :

« Toujours présent pour toi...

- Wayne, je suis votre professeur, pas votre copine, répondit-elle au tac à tac.

Avant qu'il ne puisse encore la taquiner sur ceci, elle reprit :

- Cela dit, vous me vouvoyez, entendu ? »

Sans attendre la réaction de ce dernier, elle commença à écrire au tableau le titre de la leçon du jour. Non pas sans une paire de yeux attentive posée sur elle.

Quelque part au fond de sa mémoire, elle savait que c'était de sa faute ce qui lui arrivait. Elle n'avait qu'elle même à accuser pour son sort. Elle aurait dû faire plus attention, être plus vigilante. Mais comment aurait-elle pu savoir ? Malgré qu'elle essayât de l'oublier et de faire comme si rien ne s'était jamais passé, il était toujours là, à la rappeler en permanence de son erreur. Et elle ne pouvait rien y faire sauf résister, encore et encore.


Chapitre 1 Over!

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