Genre : Défi proposé par le Forum la Guilde de l'Original, un conte de Noël sans une lettre (choisie par ma fille) D, elle m'arrange ^^

Rating : K+


Au moins, je l'espère


Je me trouvais là, tout mignon. Cela faisait un moment que j'examinais les gens passer. Il faut avouer que j'étais fameusement bien situé. Là où on m'avait installé, je pouvais tout voir, tout observer.

Paraître le plus beau, le plus sympathique, était très important parce qu'il fallait attirer les gens si on voulait pouvoir quitter le magasin.

En plus, pour Noël, les personnes font leurs achats. Je rêvais tout le temps que je pourrais avoir une gentille maitresse qui me cajolerait ou un compagnon qui ne m'oublierait pas une fois nos jeux finis ou après une semaine.

Le temps passant, je voyais les autres partir et moi qui restais assis là. Pourtant, je me trouvais tout aussi beau et gentil que les autres. Pourquoi les autres partaient et qu'on me laissait là ? Je leur faisais les prunelles charmantes, un beau sourire alors qu'ils croisaient mes yeux et pourtant il quittait le commerce en me laissant là, encore plus malheureux sur mon étagère, sur le coin.

J'allais finir ma vie là, je n'aurais jamais personne pour me tenir compagnie. C'était la fin, je le voyais bien.

Et puis une gentille femme m'a pris, après être passé à la caisse, on m'a couché et emballé. Il faisait noir, j'avais peur. Même la nuit ici, il restait les lumières en magasin. Bien sûr, j'avais tout ce qu'il me fallait, seulement j'avais si peur. Hurler m'a fort tenté un moment, néanmoins j'ai craint que ma présence soit constatée et qu'on me renvoie au magasin illico. Alors, j'ai serré les mâchoires fortement pour ne pas signaler ma présence.

Je savais que ce ne serait pas pour longtemps, le réveillon était prévu pour bientôt. Il faut que je sois courageux pour ne pas gâcher la surprise.

Je sens qu'on me pose sous le sapin, cela ne peut être que cela puisque cela sent ce parfum. Je perçois les cris et je souris comme un bienheureux, il y a plusieurs enfants qui passent tout près et touchent les présents. Je sens que je vais bien m'amuser. Ils ont l'air sympathique, rien qu'à l'écoute. J'apprécie les pas qui courent partout et puis ils obéissent très vite à leur maman qui prépare le repas.

Une voix grave se fait percevoir, c'est sûrement le papa qui revient. Maintenant que je suis enfermé, sans lumière, j'ai fini par trouver cela amusant, je perçois parfois un son et j'imagine ce que va être ma vie prochainement.

La maman les appelle pour passer à table. J'en suis heureux, bientôt ils font ouvrir les présents et je vais pouvoir sortir.

Le repas est presque fini, la maman interpelle la plus âgée.

« Va chercher la caisse rouge avec un ruban jaune, c'est pour ton petit frère. »

J'espère que c'est moi, je n'ai pas vu comment on m'avait emballé. Je sens qu'on me soulève légèrement puis qu'on me pose tout subtilement. Il y a un bruit, le papier est sûrement arraché, puis la lumière vient jusqu'à moi, je ferme les yeux pour ne pas être ébloui.

Puis je les ouvre, face à moi, il y a un petit garçon qui va avoir trois ans, il a les cheveux bouclés légèrement jaunes, les boucles lui entourent le visage, il a les yeux bleus qui me scrutent en souriant. Il me serre contre son cœur et je vois sa sœur lui sourire, elle a presque onze ans, elle ressemble à son petit frère. Il y a aussi un autre petit garçon qui va avoir six ans.

« Comment vas-tu l'appeler ? Questionne la gamine.

- Nounours, réplique-t-il.

- C'est grotesque, rétorque l'autre garçon.

- Ton lapin s'appelle bien pinpin » riposte la petite fille.

Le gamin commence à rechigner, alors la mère met le holà.

« Vous n'allez pas gâcher la bûche avec vos querelles sinon vous allez au lit avec Grégory. »

Instantanément, les enfants se calment.

« Et toi au lit, il y a un moment que l'heure est passée. N'oublie pas, Nounours. »

Le très jeune enfant me serre contre lui et nous partons vers l'étage. Je suis vraiment heureux, j'aime cette famille, en plus Grégory a une très belle veilleuse qui ressemble à un train, je n'aurai plus peur la nuit, plus jamais.

Tout cela s'est passé il y a trente-cinq ans et je suis toujours le plus heureux ourson que la Terre ait porté, Grégory ne m'a jamais jeté. Je suis encore actuellement à son chevet chaque nuit, même si ce n'est plus moi qu'il tient affectueusement enlacé pour se reposer mais une magnifique femme qui va bientôt lui offrir son troisième enfant.

Fin.