Deuxième partie : Point de vue Gabriel.

CHAPITRE 4: Sauce Pesto


La fête est un désastre. Le BBJo (c'est le titre qu'on a donné aux fêtes de Samedi chez Johanna, allez savoir pourquoi) de cette semaine a failli se casser la figure si ce n'était pas pour le père de Johanna et la police.

Tout avait pourtant bien commencé.

Plus tôt ce soir là…

Comme toutes les autres fois, Maman Staune (elle voulait absolument qu'on l'appelle comme ça et personne ne pouvait vraiment la refuser car après tout, elle s'occupait de la cuisson) faisait cuire la viande et tout le monde était éparpillé dans le parc, assis sur des roches, sur la pelouse ou au bord du lac. Johanna était occupée avec Carla ou Clara et son autre amie dont je ne me souviens plus du nom à installer quelques parasols pour cette journée particulièrement ensoleillée. Noah discutait avec une rousse qui était venue plusieurs fois avec Diana, en jetant souvent des regards entre Johanna et moi. J'essayais de paraître nonchalant en buvant mon Coca alors que je me sentais réellement inquiet. Noah faisait comme si de rien n'était depuis mon anniversaire. Il ne m'a pas posé de questions ou enfoncé son poing dans ma gueule comme je m'y attendais. En fin de compte, cela semblait logique : il n'avait rien vraiment vu et il ne voulait pas se lancer dans une accusation qui risquerait de lui faire perdre Johanna. Elle ne sait sûrement pas à quel point Noah peut être possessif des choses qu'il considère siennes.

Des vrombissements de motos se firent entendre et on se retourna tous vers le parking. Génial. La bande d'Hugo venait de débarquer et rien de bien ne pouvait en aboutir.

Hugo descendit de sa moto, suivi de sa compagne qui secouait exagérément les cheveux après les avoir libérés de son casque. Il se dirigea vers le bar improvisé, ou plutôt, vers Johanna. Inconsciemment, je me rapprochai d'eux pour pouvoir intervenir. Hugo est un type baraqué et arrogant, et on ne sait jamais ce qui peut se passer avec un abruti brutal comme lui. Il fait partie des « racailles » du lycée. Ils font régner la terreur (seulement à ceux qui se laissent faire), se prennent pour des dieux à qui tout est permis et sont suspendus au moins une fois par mois. Pourquoi le lycée ne les a pas encore expulsés après toutes leurs conneries, ça restera toujours un mystère pour moi ? En tout cas, Hugo et sa bande s'amusaient à faire sursauter tout le monde avec leur bécane qui faisaient beaucoup de bruit. Tout le monde savait que Hugo n'avait pas le permis pour conduire un tel bolide. Mais justement, le fait qu'il n'ait jamais eu de problème avec la justice devait impliquer, comme en crurent beaucoup, qu'il avait des contacts hauts placés, voire même qu'il venait de la mafia. C'est peut être pour cela que son effet de Hugo La Terreur marchait si bien. Bien sûr, il ne faisait rien pour démentir les rumeurs, qui allaient bien à son avantage.

La blonde qui suivait ce « terrorisant Hugo » et s'accrochait à son bras jeta alors un regard circulaire blasé, s'arrêtant sur les viandes qui étaient en train de cuire et fis une petite grimace arrogante et hautaine.

Johanna avait l'air mal à l'aise mais elle ne se laissa pas démonter quand Hugo arriva pour lui donner une tape sur l'épaule. J'étais tenté d'intervenir à l'instant même mais je me retins. Attends, m'étais-je dit, on ne sait pas encore ce qu'il veut.

« Alors comme ça Staune, tu tiens des stands de bouffe tous les Samedi ! Eh ben ! Dire que je viens juste d'en entendre parler ! Mignon, le parc. Tu le réserves toutes les semaines ?

Johanna le regardait sans ciller, cherchant sûrement à déterminer ses intentions. « Stand de bouffe » ! Non mais quel imbécile.

-En fait, ce sont des barbecues collectifs…, répondit-elle en pesant ses mots. Quant au parc, on ne le réserve pas, on vient de temps en temps quand il n'est pas occupé.

-C'est plutôt fun tout ça ! Dis, ça ne te dérange pas que mes amis et moi on se joigne à vous cet après-midi ? On ne mangera toute votre bouffe, hein ! On est juste là pour profiter un peu du soleil… et des jolies filles…, finit-il en faisant un sourire en coin horrible aux amies de Johanna. Sa compagne lui donna un coup de coude bien mérité, vexée par son manque d'attention.

-N'est-ce pas, les amis ? avait demandé Hugo en se retournant vers sa troupe. Ils hochèrent tous synchroniquement de la tête d'un air entendu.

-Alors ? »

On aurait dû davantage se méfier quand il nous adressa ce sourire sournois.

Instant présent, environ 00h30

La sirène de police n'arrêtait pas de tournoyer dans tous les sens, à la recherche des fugitifs qui se cachaient dans les bois, émettant en passant un son assourdissant.

Johanna et sa famille se faisaient interroger par un jeune policier avec un calepin dans la main. Certaines personnes s'étaient échappées quand elles avaient entendu les sirènes s'approcher. D'autres étaient tellement prises au dépourvu qu'elles sont restées immobiles jusqu'à que les renforts n'arrivent sur place et leur demande à chacune leur tour des dizaines questions.

Quant à moi, on m'avait demandé de quitter les lieux mais je ne voulais pas partir sans savoir que Johanna et sa famille n'allaient pas avoir d'ennuis.

Putain de Hugo ! Quel con ! Il doit lui manquer les trois-quarts du cerveau à cet imbécile! Comment pouvait-il croire qu'il aurait pu trafiquer de la drogue sans se faire prendre ? Dans un parc public en plus !

Le destin avait encore une fois mal fait les choses. La police, qui n'avait jamais pointé son nez ici les autres fois, avait décidé de faire une ronde pile au moment où Hugo et ses clients mafieux avaient décidé de faire leur échange. Pris en flagrant délit, Hugo avait opté pour la fuite alors que quelques uns de sa bande ont été arrêtés et ramenés au commissariat.

Je suis sorti de mes pensées quand je vois le jeune policier dire quelque chose à Johanna et elle fait oui de la tête avant de se diriger vers moi.

« Tu devrais y aller, il se fait tard.

Quand elle voit que je ne bouge pas d'un pouce, elle soupire.

- Ils ont dit qu'on n'aura pas d'ennuis. Après tout, on ne pouvait pas savoir ce qui allait se passer. Mes parents vont aller au commissariat pour remplir quelques papiers. Vu l'heure, j'ai l'impression qu'ils vont y passer la nuit…

J'espère qu'ils n'auront pas trop de problèmes. Une pensée me vient tout à coup.

- Tu vas rester seule chez toi ? je lui demande et elle relève ses yeux vers moi, étonnée.

- Non, il devrait y avoir ma sœur…, répond-elle en fronçant les sourcils, incertaine. Ah non ! Elle est partie dormir chez une copine…

Je vois dans son regard une sorte d'inquiétude et je dois imaginer que cela est lié au fait qu'elle va devoir passer la nuit seule dans sa grande maison, après une soirée chamboulée comme celle-là. Avant de perdre mon cran, je lui demande :

- Tu veux passer la nuit chez moi ?

Elle plante ses yeux dans les miens, perplexe. En une fraction de seconde, je vois son regard se poser sur mes lèvres mais elle les remonte vite vers mes yeux. Trop tard, je souris, je t'ai vu.

- Je ne pense pas que ce soit une bonne idée… dit-elle en baissant le regard vers ses mains.

Elle piège sa lèvre inférieure entre ses dents et je dois me rappeler de remonter le regard. Même si ses yeux évitent les miens. Je me sens étrangement déçu mais sa nervosité me redonne du courage. Pour une certaine raison, j'ai vraiment envie qu'elle passe la nuit avec moi.

- Si c'est tes parents, on a qu'à leur dire que tu ne seras pas très tranquille de rester seule à la maison, je propose, sachant très bien que ce n'était pas le vrai problème.

Mais Noah avait disparu. Et Johanna l'avait sûrement remarqué. Il avait dit que sa mère lui demandait de rentrer immédiatement quand elle avait entendu que la police s'était mêlée à la fête. Je ne sais pas si c'était vrai ou une excuse qu'il avait sorti pour fuir le plus rapidement possible, car sa mère était réellement une femme soucieuse mais en tout cas, il était parti en moins de temps qu'il faut pour dire « ouf ».

Johanna fais une tête qui trahit son conflit intérieur. Finalement, ses parents arrivent vers nous et elle n'a plus trop le choix.

- Maman et Monsieur Staune, autorisez-vous votre fille à dormir chez moi cette nuit ?

Les parents Staune se retournent vers moi avec des gros yeux. Johanna me lance un regard incertain avant de soupirer :

- Je pense que vous en avez pour plusieurs heures au commissariat. Je ne sais pas si je vais être très rassurée de dormir dans une maison seule…, explique-t-elle.

Maman Staune me regarde puis regarde sa fille. Elle partage alors un regard avec son mari puis refixe ses yeux sur moi.

-Pas de bêtises, vous deux. Et n'oublie pas ce que je t'ai dit l'autre jour, Nanou, dit-elle sur un ton faussement menaçant mais autoritaire.

Johanna devient toute rouge, ce qui pique ma curiosité. Sa mère lui fait un bisou puis un câlin et son père fait de même avant de s'éloigner.

Une fois seul, je me retourne vers elle en haussant un sourcil. Elle me fait un sourire penaud et je lui tends un casque en disant :

- T'as as parlé de sexe avec ta mère c'est ça ?

Elle rougit de plus belle en faisant mine d'être trop occupée à mettre son casque pour me répondre.

- 'Y a pas de honte… Mieux vaut prévenir que guérir.

-… Tu es sûr que ça ne va pas déranger tes parents que je dorme chez toi ce soir ?

- Mes parents ? Non, ils ont l'habitude…, je dis.

- Ah…

…Merde.

- Enfin, je veux dire… J'ai l'habitude d'inviter des amis à la maison. Ma mère me laisse faire un peu ce que je veux…je bredouille, sans trop savoir pourquoi.

Elle me regarde sans rien dire, puis monte à l'arrière. Je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression qu'elle lit en moi comme un livre ouvert.

Bon j'ai peut-être invité quelques filles à passer la nuit… Ok d'accord, peut-être un peu plus que « quelques » mais parfois ce n'était vraiment que de simples amies ! Rien de plus !

Sur la route, j'accélère parce que je me rends compte que plus la vitesse augmente, plus elle s'accroche à moi.

Concentre-toi sur la route bordel ! Tu vas finir pas nous tuer ! me crie mon subconscient.

On arrive devant le portail géant de ma maison et je coupe le moteur pour garer la moto dans le garage.

Johanna enlève son casque, ce qui la décoiffe complètement et me donne plus qu'envie de l'embrasser à pleine bouche.

...Putain, je deviens vraiment fou. Il faut que je me reprenne sinon...

- J'ai vraiment cru que tu allais nous tuer…, me reproche-t-elle en tentant de remettre de l'ordre sur sa tête.

- J'ai l'habitude d'aller vite, lui dis-je en lui envoyant un clin d'œil.

Elle me répond en levant un sourcil.

- Comme tu as l'habitude de ramener des filles chez toi, je suppose ?

Je ne sais pas quoi dire pour me défendre et la seule chose qui me vient en tête est :

- C'est différent avec toi.

Elle me jette un regard qui me dit qu'elle n'est pas prête à me croire.

- Mais oui, bien sûr…, dit-elle sans conviction. Alors, tu me montres ma chambre ou on dort dans ton garage ?

Je lui fais signe d'entrer et soupire. Pourquoi est-ce que je dis tout ce qu'il ne faut pas ? Je me rappelle d'avoir mieux fait que ça avec d'autres filles… Ce que j'ai dit me revient : « C'est différent avec toi ». C'est vrai, avec Johanna, tout est tellement différent.

Quand je rentre à mon tour, la maison est vide. Mes parents doivent être quelque part à une soirée d'un tel fournisseur ou tel client je-ne-sais-quoi. Ca ne m'étonne pas trop, à vrai dire.

- Wow, c'est gigantesque chez toi, s'exclame Johanna, impressionnée.

- Mes deux parents sont avocats dans la même boîte… Ils s'en sortent plutôt…pas mal…

Elle me jette un regard qui doit sûrement dire «Sans déc ! ».

Je me mets à bailler.

- On devrait aller se coucher. Il est presque 1 heure du matin.

Je nous dirige vers ma chambre et me déshabille avant d'enfiler un caleçon et de me jeter sur mon lit. Je rouvre les yeux en me rendant compte que Johanna n'est pas à côté de moi.

- Bah qu'est ce que tu fais ?, je lui demande, en voyant qu'elle est restée dans le couloir en se couvrant les yeux.

- Tu aurais pu me prévenir que t'allais te changer quand même !

- Roh ça va ! Fais pas ta pudique et viens dormir ! je lui ordonne en levant le bras pour lui faire signe d'approcher.

- Comment ça « viens dormir » ? me demande-t-elle avec un regard perplexe. Tu n'as pas de chambre d'amis ? Un matelas pour que je me couche sur le sol ?

- Mais qu'est ce que tu racontes ?! Chui fatigué là, tu ne vas pas me faire mettre un drap ou sortir un matelas, si ? Il est une heure du mat', Jo ! Viens dormir ou je ne te fais pas de place !

Je sens mes paupières s'alourdir. C'est de plus en plus difficile de rester éveillé.

- Bon sang ! concède-t-elle en s'approchant du lit. Et je dors comment, moi ? Je n'ai pas de pyjama !

-Bah comme tu veux. Tu peux même dormir nue, ce n'est pas moi qui vais me plaindre…

Elle croise ses bras et refuse toujours de monter sur le lit.

- Hors de question que je fasse ça !

Voyant sûrement que je n'allais pas lui trouver une autre solution, elle se dirige d'elle-même vers mon placard et me prend l'un de mes T-Shirt.

Soudainement très intéressé, je rouvre les deux yeux pour ne pas manquer au spectacle. Elle est plus maline parce qu'elle ouvre la porte battante gauche du placard et se change derrière de telle sorte que de mon champ de vision, je ne vois que ses cheveux qui dépassent.

- Pff…t'es pas drôle… Même moi, je me suis donné en spectacle…, je râle.

Elle ferme le placard et roule ses yeux. Bon, j'avais peut-être manqué le strip-tease, mais la voir dans l'un de mes T-Shirt avec peut-être juste une culotte en dessous me donnait plein d'idées pour compenser.

Elle se met aussitôt sous la couette et bien qu'elle soit dans le même lit que moi, j'avais l'impression d'être tellement loin d'elle.

- Pour info, les mains baladeuses, je les ampute, pigé ?, menace-t-elle en me tournant le dos.

- Et si ce n'est pas les mains ?, je dis pour la provoquer.

Elle se retourne vers moi avec un regard tueur.

- Disons que tout corps étranger qui me touche durant cette courte nuit, va se voir éjecté par la-

J'ignore le reste de sa phrase et glisse un bras sur son ventre pour la rapprocher de moi.

- Chut, dormons. Il est tard et tu parles beaucoup trop.

Je sens sa main me prendre le bras pour me forcer à la relâcher. Elle se tourne vers moi et me prend par les épaules.

- Il faut mettre environ 1mètre de distance entre toi et moi. Retournes-toi vers là-bas.

- Un mètre ? Mon lit ne fait que 1m60 de largeur, ma belle.

Elle me pousse par les épaules et tente de me retourner vers l'autre côté et je soupire avant de capituler.

Elle lâche un soupir de satisfaction et je la sens remonter le drap jusqu'au menton. Je commence à m'assoupir lorsque je réalise que le drap n'est peut-être pas suffisant.

-Tu as froid ? je lui demande en me retournant vers elle et je la vois recroquevillée comme une crevette au bout du lit.

- Non, ça va, me ment-elle.

Je soupire et me rapproche d'elle, jusqu'à mettre ma tête sur son oreiller. Mon bras va autour de sa taille et je la ramène vers moi jusqu'à coller son dos contre mon torse. Sa main tente encore de me repousser et je me rends compte qu'elle est gelée.

- Gabriel, tu exagères, me sermonne-t-elle puis, poussant un soupir de défaite, finit par se laisser faire.

Peut-être qu'elle avait raison, que j'exagérais un peu. Mais qui sait si c'est la dernière fois qu'elle passe la nuit chez moi, dans mon lit ? Je n'allais pas laisser passer cette chance, sachant que demain, elle retournera auprès de Noah et que je ne pourrais pas l'en empêcher.

Noah. Mon ami. Le petit-ami de la fille que j'enlace et dont je suis peut-être un peu amoureux. Je me sens sale de faire ça derrière son dos et la culpabilité me tiraille le ventre. Je considère retirer mes bras et retourner de mon côté mais la main gelée de Johanna se pose sur la mienne et toutes mes pensées de me séparer d'elle disparaissent.

C'est seulement lorsque je suis assuré qu'elle dort que je retire mes bras et me mets sur le dos, les yeux rivés vers le plafond.

Vers 4 heures du matin, mes pensées me lâchent enfin et je tombe dans les bras de Morphée.


Lorsque je me réveille le lendemain, Johanna est encore endormie. Elle a remonté son drap jusqu'au nez et je ne peux m'empêcher de la trouver adorable, comme un petit oiseau dans son nid douillet. Je me demande si elle dort comme ça en hiver aussi…

Stop. Arrête de penser à des trucs bizarres ! Qu'est ce qui te prends, t'es devenue une nana ou quoi ? Bientôt tu vas te demander si elle aime qu'on lui fasse des chocolats au lait chauds le matin ou si toi, tu le ferais bien pour elle-

Stop ! Voilà le gros problème auquel je suis toujours affronté : pourquoi je continue à penser comme si j'étais… un fada romantique, bon sang ! Voilà ce que ça fait d'être amoureux !

….Amoureux ? Roh merde.

Il est beaucoup trop tôt pour que je commence à me casser la tête avec ça.

J'essaie de refermer les yeux, de passer un peu plus de temps en tranquillité, comme ça, avec Johanna à mes côtés mais toutes ces pensées finissent par me réveiller pour de bon.

Je me retire de la chaleur du lit et sort de la chambre pour prendre une douche.

Peut-être qu'après, je la réveillerais…


Hello, loves

Pas de cliffhanger cette fois, même si on pourrait se demander de quelle manière il va la réveiller... Mais pour l'instant, ça reste une surprise.

Pour les lectrices de l'autre fic, sachez que je bosse sur le 17ème chapitre. J'ai mes exams en ce moment mais j'essaye d'être plus au point, promis ;) En tout cas, ça ne devrait pas être aussi long que la dernière fois ^^'''

XOXO,

ChillinSmoothie