C'est un petit texte que j'avais écrit pour un concours et au moment de l'envoyer, je me rends compte que le texte ne doit pas dépasser 2500 caractères espaces compris. Mon texte en fait plus de 3200.


Ivresse quand tu nous tiens.


Il ne saurait pas dire quand tout cela a commencé, encore moins pourquoi il a besoin de cette sensation.

En regardant de vieilles vidéos, il se dit que déjà bébé, il aimait ça quand son père le jetait dans les airs en criant :

—Spoutnik

Il riait aux éclats, il tapait dans ses mains quand son papa le rattrapait pour qu'il recommence encore et encore. D'après sa maman, son frère et sa sœur finissaient toujours par pleurer pour que leur père arrête, pas lui.

Plus tard, il y a eu dans les kermesses, les tours de manège. Il aimait ceux avec les avions dans lesquels on pouvait monter au ciel. Il suffisait de tirer sur la manette pour recevoir l'air sur le visage. Là-haut, il se sentait bien.

Les chevaux et les vélos qui ne vous menaient nulle part, il en avait en horreur, il pleurait pour qu'on ne le mette pas dessus. La pêche aux canards, les tirs sur les boites de conserves ou à la carabine ne l'intéressaient pas.

Et puis, il y a eu la chenille, un ensemble de petites voitures sur un rail circulaire. Cela montait et descendait légèrement, elles allaient de plus en plus vite en avant et en arrière. Tout l'argent que lui donnait sa maman et sa mamie y passait.

Dès qu'il a pu, il a fait d'autres attractions plus saisissantes, la machine à laver, la planche de surf. Il travaillait le week-end pour avoir plus d'argent pour avoir cette impression de vertige et de roulis quand il descendait de son manège. Il suivait la kermesse de village en village pour prolonger la sensation.

Quand toute la famille se rendait dans un parc d'attractions, il aimait les montagnes russes, le sirocco. Pour son plus grand malheur, il était le seul membre de sa famille à apprécier ce genre d'action 'apeurante' comme disait sa petite sœur.

Il préférait aller dans les parcs d'attractions avec des copains de son âge plus enclin aux émotions fortes.

Il rêvait de faire du saut à l'élastique, du saut en parachute mais il n'en avait pas l'âge, ni les moyens.

Avec l'argent qu'il arrivait à économiser tout de même et que ses parents avaient bloqué sur un compte, Cyril s'était acheté une mobylette, même s'il aurait préféré une moto puissante. Avec l'aide d'amis, il n'avait pas mis longtemps à la gonfler pour qu'elle puisse rouler de plus en plus vite.

Avec l'ouverture d'un Karting dans les environs de son domicile, Cyril touchait presque au bonheur parfait. Il troque son poste dans une grande surface pour celui d'agent d'entretien au Karting. Il n'est pas payé mais il peut utiliser la piste autant qu'il veut du moment que son travail est fait convenablement.

Ce dernier consiste à entretenir les pistes, le matériel : casques, Karts, pneus délimitant le terrain.

Plus il pouvait tourner vite, plus il se sentait heureux. Il faisait en soirée des tours et des tours au point que le propriétaire finit par lui demander de payer tout de même une partie de l'essence, ce que Cyril trouvait tout à fait normal. Le bonheur n'a pas de prix et il se sentait si bien dans sa peau en sortant d'un Kart.

C'est lors d'un de ses fameux tours que le jeune est repéré par un recruteur de formule 3. Cyril ne peut refuser la proposition, il veut pouvoir aller plus vite, toujours plus vite, se sentir ballotté dans les virages, avoir cette impression qu'il ne contrôle plus rien, même si ce n'est pas le cas. Cependant, il y a cette euphorie qui vous emplit toute l'âme quand vous passez la ligne d'arrivée. Elle est immense quand vous êtes vainqueur.

C'est comme cela qu'il est devenu avec le temps un pilote de formule 1 qui parcourt le monde pour vivre de sa passion.

Oui, peu importe le contenu du moment que l'on a l'ivresse et au moins avec la vitesse, on n'a pas la gueule de bois le lendemain. Il faut même mieux ne pas boire si l'on ne veut pas finir dans le décor et avoir mal partout.