Un tout mini texte, que j'ai adoré écrire, en attendant ma prochaine histoire longue - qui devrait arriver dans très peu de temps - qui ne nécessite qu'une dernière correction avant d'être publiée.

Bonne - petite - lecture. :)


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On ne sépare jamais les gens qui s'aiment. Les années, les blessures, les erreurs, les autres, rien ne saura jamais couper ce lien qui nous lie depuis la création de l'univers.

Je sentis ta présence dans mon dos malgré le brouhaha de la ville, le hurlement de la vie et les allées et venues des autres évitant la pluie. Je me suis retournée avant même que tu ne m'appelles.

« Ella ! » Ton cri étranglé interrompit le temps.

Tant d'années, tant de blessures, tant d'erreurs, tant d'autres. Pourtant tu étais là, derrière moi, mon prénom entre tes lèvres, propulsé par ton souffle, éjecté depuis ta cage thoracique fatiguée.

Déjà je respirais.

Un soulagement inconnu parcouru ma peau. Tu détonnais au travers de ces autres marchant dans toutes les directions, indifférents à la scène, ton bras encore levé dans ma direction, comme si tu avais tenté de me rattraper.

Puis j'avançais, d'un pas rapide, franchissais les quelques mètres d'éther nous séparant encore, faisant fi des flaques recouvrant le goudron. Les images me submergeaient. Tes cheveux blonds virevoltant dans le vent qui nous bousculait sur cette plage, ta main dans ma mienne, ton rire, comme celui d'un enfant. Nos étreintes affolés, puis douces, mais toujours passionnées. Tes pleurs aussi, pareils aux miens. Nos cris déchirants, nos paroles acides. L'espace vide que nous avons laissé quand d'un même mouvement nous nous sommes éloignées.

« Ella. » Tu as soufflé cette fois.

J'ai tout oublié. Plus rien ne comptait, on remet les compteurs zéro. Tu as hoché la tête sans même que la question parvienne sur ma langue.

Ma main frôla la tienne, en suspension dans l'espace, puis mes doigts caressèrent la peau nue et mouillée de ton bras, pour enfin atteindre ton épaule, ton cou, ta joue, si douce. Tu penchas la tête pour la coller à ma paume.

Il n'y eut plus que nous, nos corps enfin retrouvés, nos lèvres à leur place, les unes sur les autres. Inlassablement, jusqu'à la fin des temps.

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Et oui, c'est déjà fini. Qu'en avez-vous pensé ?