Njörd

Quel sublime tableau que cette onde indomptable

Encadrée d'émeraude au brillant agréable

Liquide frémissant, océan de saphir,

Sous la caresse lente, charmante du zéphyr

Vent sans cesse soufflant, sifflant entre les feuilles

Et vagues se brisant tout contre les écueils

Rayant la surface lisse et diamantine

Au son des bruissements, mélodie argentine

Dans la brise nordique, fraîcheur vivifiante,

L'Homme, souverain, abdique, la nature enivrante

Est seule maîtresse dans cette étendue verte

Si pleine de richesses, de merveilles offertes

Mille troncs d'un brun doux et tant de rayons d'or

La nuit, tant de hiboux aux symphonies sonores

Paysage figé dans l'éternel printemps

Terres d'un vert léger qui ne craint point le temps

Et, à perte de vue, une jeune nature

Si digne mise à nue, un décor de peinture

Baigné dans la lueur pimpante du soleil

M'emplissant de bonheur, énergie sans pareille

Mille tons pleins d'éclat, d'une joie qui délivre

L'Homme, ce faible forçat tout crie la soif de vivre

À foison, sont versés topaze, jade et ivoire

Je me sens traversée par des élans d'espoir

Je voudrais me jeter dans un frais végétal

Respirer l'air d'été si pur et idéal

Et courir, oui, courir, à en perdre l'haleine

Ne jamais laisser fuir cette bouffée d'aubaine

Alors que se propage un vif parfum de menthe

Loin des chauds paysages où la vie est si lente