La Colère De Poséidon

Titanesque, fier, grisé, le navire se dresse

Sur la mer conquise, et quelle amère défaite !

Mais non, quelle méprise ! Fatale maladresse !

Car la mer se déguise, amorçant sa retraite,

En vaincue et, de patience, elle se pare.

Oui, elle se retire, se tait et se prépare

Pour une impitoyable et terrible vengeance,

Nul marin peccable n'aura son indulgence !

Ce vaisseau défiant la vieille nature,

Lui qui voguait par-dessus les monstres marins,

La force humaine que tant d'orgueil sature,

S'écrasera dans un minable camarin.

Qu'elle ploierait l'échine sous ton assaut

Téméraire, tu croyais tu crèveras bien sot !

L'implacable vérité jaillira bientôt :

La Terre, toujours, gagne face au faible linteau.

Pitoyable spectacle, au Destin, enchaîné,

Écoute la menace, ô mortel assuré,

À vouloir dominer l'élément déchaîné,

Les foudres de l'Océan, tu t'es attiré.

Aux misérables qui, sa suprématie, nient,

Poséidon enverra les sombres Érinyes,

Maudit imprudent ! Tu sillonnes l'Achéron,

Pour préserver ton âme, offre obole à Charon.