Zombie

Je suis un peu zombie avec mon teint d'albâtre,

Mes traits figés, mes mains froides comme le marbre,

Mes lèvres rouge vif, mes pupilles grisâtres,

Et ma démarche vide, raide, telle un candélabre,

Et ma désinvolture, et mon regard éteint,

La caricature d'une femme fatale,

Soulevant mes jambes plus lourdes que l'étain,

Victime indolente d'un breuvage létal,

Qui m'a glacé le cœur et plongé les entrailles,

Dans la sombre torpeur du plus profond sommeil,

Et mon corps morne et lent, tel un épouvantail,

Traverse tous les temps mais n'a plus de soleil.

Marchant comme une morte, je ne suis plus qu'instinct,

Seule, j'avance, je tâtonne, dans le noir, aux confins

De la nuit, sans trouver chemin vers le matin,

Je reste âme errante, mais bien vivante enfin.

À jamais condamnée à cette nuit sans Lune

Où je m'égare, damnée, car tu m'as refusé

Toute félicité, sans pitié, aucune,

Ton poison acide est en mon esprit usé.

Effleurant les tombes de mes amours passés,

Je ne suis que l'ombre de celle que je fus,

Funeste destinée, je ne puis enlacer

Que les ténèbres et l'affliction diffus.