Écrit dans le cadre du 365 Drabble Days, un truc inventé, inspiré du "The One Drawing A Day Challenge".
En gros j'écris un Drabble par jour sur le thème donné, en sachant que même si je dis "Drabble", je ne reste pas fidèle à la définition de Drabble: J'écris sur ce que je veux (fictif, réel, original, fandom etc) tant que je veux/peux. Ça peut faire une phrase comme quinze pages. J'arrête dès que je n'ai plus d'inspiration ou que je décide avoir fini. C'est un exercice que je fais pour moi, pour m'inciter à écrire et à faire appel à mon imagination sur demande. Voilà, bonne lecture!


9 - Drive

(musique écoutée en écrivant: Good Time - Crystal Castles)


Il l'invite à s'asseoir. Le dîner est agréable, les plats qu'ils commandent sont savoureux.

-Ça me fait vraiment plaisir que tu m'aies invitée à dîner, dit doucement Sabrina avec un sourire.

Il regarde son sourire et ses yeux pétillants. Elle est vraiment belle, elle dégage un charme certain auquel il est difficile de rester insensible.

-Ça m'a plutôt surprise, continue-elle ses joues poudrées toujours rebondies d'un sourire, tu as l'air tellement sérieux au travail. Je ne pensais pas que ce genre de choses t'intéressaient.

-Je suis toujours sérieux dans ce que je fais, répond-il en plongeant son regard dans le sien.

Il voit que l'intensité de son regard la déstabilise quelque peu.

-Et j'avais l'impression que tu n'étais pas du genre frivole non plus.

Elle rougit et tente de se redonner contenance.

-J'ai donc l'air de quelqu'un d'ennuyeux? demande-elle amusée.

-Pas du tout.

Elle prend délicatement son verre de champagne et le porte à ses lèvres rouges. Lorsque qu'elle repose son verre, il remarque qu'il n'y a aucune trace de rouge à lèvres dessus. Sabrina a l'air suffisamment sophistiquée pour faire attention à ce genre de détails. Laisser des traces de rouge à lèvre sur son passage devait être à ses yeux la preuve d'un manque de raffinement. Comme une catin qui ne prend aucun soin à cacher les preuves de sa venue.

Il sourit intérieurement en se disant qu'il a vraiment fait un bon choix en s'intéressant à elle. Chacun de ses mouvements est mesuré et élégant. Il fait glisser sa main et la pose sur la sienne. Elle se fige une fraction de seconde avant de lever vers lui des yeux portant la gêne et le plaisir.

-J'avais réellement l'envie de te connaître quand je t'ai invitée, dit-il en la regardant droit dans les yeux.

Elle rougit une nouvelle fois. Il voit bien que son côté franc et direct lui plaît énormément. C'est une femme qui aime être courtisée et mise en valeur. Parce qu'elle est belle et intelligente, elle a l'habitude qu'on la remarque et qu'on s'intéresse à elle, et ce n'est pas le premier badaud venu qui peut la séduire avec des phrases creuses et bateau. On ne peut pas se permettre de se montrer intimidé devant elle si on veut qu'elle daigne poser les yeux sur soi.

Il serre doucement sa main, ne la lâchant toujours pas du regard. Finalement, c'est elle qui finit par baisser les yeux, se cachant derrière un sourire.

-Je dois dire, chuchote-elle, que tu m'intrigues également..

Elle se penche doucement vers lui, figeant le temps.

-Viens chez moi, si tu veux apprendre à me connaître. Tu verras bien si je suis aussi sérieuse que tu le penses..

Ils prennent donc leurs affaires, lui paie l'addition, elle prend une rose dans le vase qui est sur leur table, et elle l'invite à monter dans sa voiture. C'est lui qui l'avait invitée à dîner, mais c'est elle qui a voulu venir le chercher. Une femme de caractère, assurément.

Elle les conduit donc jusqu'à chez elle, une maison en banlieue bordée de jardins fleuris.

Elle l'invite à entrer et il s'assoit sur le canapé. Elle lui sert un verre, ainsi qu'à elle-même, puis le rejoint sur le canapé. Ils échangent quelques mots, puis elle repose son verre. Comme si c'était le signal donné, il l'imite et se penche vers elle. Il l'embrasse avec assurance et lui donne un baiser auquel elle répond sans hésiter. Il fait glisser une main sur sa joue, puis cette main dérive sur son cou, sur sa gorge, derrière sa nuque, la faisant rougir.

Ils continuent à s'échanger des caresses un moment, puis elle recule son visage, se lève et l'invite à la suivre. Elle le conduit dans sa chambre et abandonne enfin son image de femme forte: elle s'assoit au bord du lit, appuyée sur ses bras en arrière et lui lance un appel du regard. Il y répond et s'avance vers elle. Il s'approche, posant un genou d'un côté de sa cuisse, fondant lentement sur elle. Le regard de Sabrina porte encore une lueur d'autorité. Il lui embrasse la joue, puis le cou. C'est comme s'il essayait d'amadouer un roi pour qu'il lui accorde sa clémence. Il la trouve réellement incroyable en ce moment même. Il la respecte d'avoir encore des barrières à faire tomber en cet instant. Il continue d'essayer de la conquérir. Au bout d'un énième baiser passionné dans son cou, il entend un vague soupir et lève les yeux vers elle.

Ça y est, son dernier mur a cédé. Il sait qu'elle est complètement offert à lui maintenant.

-Tu es magnifique, murmure-il à son oreille, son souffle provoquant des nuées de frissons.

Il se recule légèrement pour mieux apprécier la vision de son visage aux yeux fermés. Il la détaille tout en passant une main dans son dos, sous son chemisier. Il sent une nouvelle vague de frissons sur sa peau brûlante. Il sait que lui-même est à bout, son propre barrage va céder d'une seconde à l'autre. Il remonte le long de sa colonne vertébrale, la sentant se cambrer au passage, il remonte encore jusqu'à son épaule.

Puis, il plante ses ongles profondément et redescend le long de son dos d'un coup en lui griffant la peau.

Elle pousse un cri. Il profite du fait qu'elle soit désorientée pour fouiller dans sa poche avec son autre main. Au moment où elle amorce un mouvement de recul, il sort de sa poche un couteau à cran d'arrêt qu'il applique contre sa gorge.

-Aaah! lâche-elle en voyant l'arme. Mais..! Mais qu'est-ce que tu..
-Silence.

Il sent le sang couler sur sa main qui est restée dans le dos de Sabrina. Il étale ce sang sur sa peau comme s'il appliquait une pommade. Puis il retire sa main et la regarde. Écarlate. Il l'approche et en lèche la paume sous le regard horrifié de Sabrina.

-Désolé, dit-il en la regardant. Je pensais vraiment que je pourrais tenir plus longtemps. Mais apparemment..

Il se penche vers elle et elle ne peut pas s'empêcher de reculer. Il bloque sa tête et appuie plus fort sa lame. Il revient sur sa joue et la mord sauvagement. Elle hurle de douleur et il sent la chaleur salée du sang se répandre dans sa bouche.

-Ne bouge surtout pas, lui intime-il, si tu ne veux pas te retrouver éventrée.

Elle se met à pleurer et à trembler en silence. Sa main ensanglantée cherche dans son autre poche et en retire un second couteau. Il la voit pâlir et sourit. Il fait danser la seconde lame sur sa clavicule. Il pique son épaule de la pointe de la lame. Puis il remonte sa jupe. Il l'entend couiner.

-Ne t'emballe pas, tu ne m'intéresses pas dans ce sens là, dit-il froidement. Pour qui tu te prends, une reine de beauté?

Sa propre raillerie l'amuse. Il continue de remonter la jupe et plante d'un coup sec la lame jusqu'à la garde. Elle bondit malgré elle de douleur en criant. Le cri lui a vrillé les tympans.

-Puisque tu es incapable de fermer ta grande gueule.. Retire ton chemisier.

Elle s'exécute en tremblant comme une feuille. Il prend le chemisier et arrache un bout de manche qui lui fourre violemment dans la bouche, manquant de l'étouffer.

-Maintenant tu es en sourdine, pour le bien de tous, dit-il d'un ton sarcastique.

Il remue le couteau planté dans sa cuisse qui tressaute de douleur. Puis, comme s'il découpait un morceau de viande, il empoigne la lame et l'abaisse, lui ouvrant la cuisse jusqu'au genou. Le visage de Sabrina est rouge tellement elle semble souffrir. Du sang continue de couler sur sa joue.

-Ton visage, avec cet air hautain, est un délice à regarder, mais c'est encore plus magnifique de l'abîmer. J'en avais envie depuis que je suis monté dans ta voiture, lui confie-il.

Elle ferme les yeux, faisant couler d'autres larmes.

-Allons, si tu pleures, tes larmes vont se mélanger au sang, dit-il en léchant les larmes indésirables en question.

Il la regarde de haut en bas. En soutien-gorge, la jupe remontée jusqu'en haut des cuisses..

-Si les collègues te voyaient comme ça, c'est sûr que ton image impeccable partirait en fumée! dit-il en riant. D'ailleurs, pourquoi ne pas en profiter pour faire un souvenir?

Il sort son téléphone et la prend en photo.

-Je ferai développer la photo et leur ferai parvenir, dit-il joyeusement. Ça serait dommage que je sois le seul à en profiter, pas vrai?

Elle continue de pleurer en silence. Il fait danser sa lame sur son ventre à présent. Il voit le ventre en question sursauter à chaque virage de la lame. Il continue ses arabesques un moment. Il voit qu'elle appréhende le moment où il va planter le couteau. Son petit jeu l'amuse beaucoup et il laisse échapper un rire.

-Alors? Plantera, plantera pas?

Il rit de plus belle tandis que les pleurs de Sabrina redoublent. Plus il rit, plus elle pleure. Il aime beaucoup celle relation de cause à effet. Au milieu d'un rire, il cède à nouveau et enfonce le couteau, lame vers le haut. Elle hurle, son cri étouffé par son bâillon.

-J'ai vraiment bien fait de te mettre ce truc dans la bouche, je pense que j'ai sauvé nos tympans.

Comme il l'a fait précédemment, il saisit à pleine main le manche du couteau et lui ouvre l'estomac. Puis il retire sa lame et l'essuie sur le haut de son buste. Puis s'interrompt.

-Ah, finalement j'ai menti, je t'ai éventrée. Ce n'était pas très fair-play de ma part. Tu t'étais tellement appliquée à ne pas bouger. C'est ma faute.

Il pose sa lame hors d'atteinte. De toute façon, elle serait égorgée avant de faire le moindre mouvement pour s'en saisir. Il passe la main sur l'ouverture béante sur son ventre, étalant là aussi le sang qui se déversait à flot. Pris d'une certaine curiosité, il plonge sa main dans l'ouverture et caresse ses organes.

-Aussi douce à l'intérieur qu'à l'extérieur, dit-il d'un ton cajoleur.

Sabrina ne réagit pas. Il n'y a pas une parcelle de son corps qui ne tremble pas. Il continue d'explorer l'intérieur de ses entrailles, toujours cet air impassible quoique intrigué collé sur sa figure.

-Tu sais quoi, dit-il soudain, ayant l'air d'avoir pris une décision, je vais te laisser une chance, pour me faire pardonner de t'avoir ouvert le ventre.

Il retire sa main ainsi que sa lame. Il s'essuie sur la jupe de Sabrina et se lève. Au contraire, lui est immaculé, si ce n'est les quelques traces rouges sur sa main, il n'a aucune tâche sur lui. Il va vers le chemisier de Sabrina qu'il a balancé un peu plus loin et prend le téléphone portable qu'il y a dans la poche. Puis le dépose à côté d'elle. Il se penche à son oreille.

-Dès que j'aurai franchi le seuil de cette porte, tu pourras retirer ton bâillon et appeler une ambulance. Ou bien les pompiers, ou la police, c'est toi qui décide. N'oublie pas non plus d'appeler le patron pour lui dire que demain tu ne seras pas là.

Il rit une nouvelle fois en se redressant et se dirige vers la porte. Avant de passer le pas, il se retourne une dernière fois vers Sabrina et lui fait un sourire.

-Merci pour cette soirée, c'était vraiment plaisant.

Puis il sort et referme la porte derrière lui.