Écrit dans le cadre du 365 Drabble Days, un truc inventé, inspiré du "The One Drawing A Day Challenge".
En gros j'écris un Drabble par jour sur le thème donné, en sachant que même si je dis "Drabble", je ne reste pas fidèle à la définition de Drabble: J'écris sur ce que je veux (fictif, réel, original, fandom etc) tant que je veux/peux. Ça peut faire une phrase comme quinze pages. J'arrête dès que je n'ai plus d'inspiration ou que je décide avoir fini. C'est un exercice que je fais pour moi, pour m'inciter à écrire et à faire appel à mon imagination sur demande. Voilà, bonne lecture!


14 - Smile

(musique écoutée en écrivant: Sunda Kuuki - Dantalian no Shoka OST)


Elle ouvrit les yeux. Les faisceaux dorés qui perçaient les rideaux baignaient la pièce du matin. Elle s'étira délicieusement entre les draps et se leva. Elle s'enveloppa dans un peignoir moelleux et tira les rideaux, ouvrit la fenêtre. Une odeur envoûtante de glycine s'insinua aussitôt par l'ouverture, chatouillant ses narines. Elle inspira profondément l'odeur veloutée et soupira.
Un peu plus tard, elle sortait dans le jardin, une tasse de thé à la main, un livre sous le bras. La lumière éblouissante vint parer son teint. Elle plissa les yeux et regarda les fleurs qui étaient réveillées depuis plus longtemps qu'elle. Elles étaient toutes tournées vers le soleil, se tendant toujours plus vers le ciel pour en récolter ses rayons.
Elle s'assit sur le rebord frais de la terrasse et écouta les oiseaux chanter, célébrant cette nouvelle journée. Elle essaya de les repérer entre les branches des arbres, dans les buissons. Ils se répondaient, chaque espèce dotée d'une voix différente. Les chuchotements des pies, les gazouillis des mésanges, les roucoulements des colombes.
Il y avait une très légère brise qui lui balayait le visage, effaçant quelque peu la chaleur naissante du soleil sur ses joues.
La première gorgée de thé la réchauffa de l'intérieur et l'astringence sur sa langue la fit frissonner. Elle savoura en fermant les yeux, laissant bercer par tous ses sens stimulés en même temps, corps avec la nature, ici et maintenant.
Elle alla dans le jardin et se laissa choir sur la mousse aussi moelleuse que son peignoir. Elle s'allongea sur le dos, les paumes vers le sol, comme si elle cherchait à établir une connexion avec la terre, les yeux rivés vers le ciel qui s'étirait, immense et bleu, au-dessus d'elle.
Elle sentait en elle et autour d'elle un apaisement infini, la certitude que rien ne pouvait aller de travers dans ce monde. Le temps semblait figé seulement si on ne prêtait pas attention aux détails, car elle, elle ressentait toute cette vie qui l'entourait et qui l'habitait, cette vie qui s'écoulait, ce temps qui passait. Elle se sentait se dissoudre pour ne faire plus qu'un avec cet environnement. Son corps qui fondait dans l'herbe et dans la terre, son visage qui s'égrenait et s'envolait avec le vent, sa conscience qui s'élevait vers la troposphère.
La sérénité, la légèreté. Il n'y eut plus que ça.