Je me possède aucun des personnages des comics ou des adaptations au cinéma.

Guillaume reprit pied sur le sol et s'immobilisa quelques instants pour reprendre son souffle. Son cœur battait si fort qu'il avait l'impression qu'il allait exploser. [Événement surprise "un bonbon ou un sort" octobre 2019 – Collectif NONAME.]

Réponse au sort lancé par Flo'w Tralala : Thème : "Métamorphoses".

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)...


LA BÊTE

Guillaume reprit pied sur le sol et s'immobilisa quelques instants pour reprendre son souffle. Son cœur battait si fort qu'il avait l'impression qu'il allait exploser. Avant de se lancer dans ce périple il savait que tout cela serait dur mais, il ignorait à quel point. Ses doigts glissèrent à son côté gauche et se tâchèrent de sang. Il les regarda en grimaçant. La plaie n'était que superficielle mais, il ne s'en était fallut que de quelques centimètres pour qu'il se fasse empaler. Toujours à demi acroupi, sa main se referma sur le pommeau de son épée et il se redressa en prenant une longue inspiration. Ce fut à cet instant qu'un cri horrible résonna dans toute la pièce… Un cri immonde qu'aucune créature vivante n'était en principe capable de pousser mais cette dernière était unique.

Guillaume fit un pas de côté et dégrafa sa longue cape bleue qui le genait dans certains de ses mouvements. La longue étoffe tomba sur le sol et les rayons de la Lune firent briller les plaques métalliques de sa cuirasse de cuir largement entaillée sur son côté gauche. Sans quitter un point droit devant lui, le jeune homme continua de se déplacer le long du mur. Un deuxième hurlement retentit et une imposante créature fit un pas vers le guerrier qui tenta de gardre son sang froid. La bête mesurait bien deux mètres de haut. Elle avait une tête de reptile aux yeux rouges mais son corps était recouvert d'une fourrure noir et verte. Elle leva les bras en poussant un troisième rugissement et les rayons lumineux éclairèrent des griffes longues comme des couteaux et couvertes de sang. Guillaume retint son souffle. Elle allait charger de nouveau. D'ailleurs, ce fut à cet instant que la bête fonça droit sur lui pour le tuer en brandissant ses immenses griffes et en poussant des cris sauvages.

Le jeune homme plongea sur la gauche et roula au sol avant de s'emparer de son bouclier, tombé sur le sol lors de l'assaut précédent. Il sentit le souffle de la bête sur sa nuque et fit volte-face juste à temps pour contrer son attaque. Ses griffes heurtèrent violemment son écu et le rayèrent sur plusieurs centimètres. L'une d'elles parvint même à le transpercer sans pour autant le blesser. Guillaume comprit que c'était sa chance et prenant appui sur ses jambes il repoussa de toutes se forces la créature qui se retrouva étendue au sol, mais en lui arrachant son bouclier. Sa protection, il était vulnérable, mais il ne pouvait pas s'arrêter maintenant. Le jeune homme bondit donc sur la bête et leva son épée pour la tuer. Toutefois, au dernier moment, une hésitation lui traversa l'esprit et le bloqua quelques secondes. Le laps de temps fut court, mais suffisant pour que la bête se redresse en arrachant le bouclier de ses griffes. Elle le lança sur Guillaume qui ne put l'éviter et se retrouva projeter à son tour. L'écu métallique le toucha au côté gauche et son épée lui échappa une nouvelle fois des mains pendant que la douleur le fit défaillir quelques secondes.

Le jeune homme porta les doigts à sa blessure qui saignait de plus en plus. Elle était peut-être superficielle, mais ce coup l'avait étourdi et il les sentit se mettre à trembler tandis qu'il compressait la plaie. Ce n'était pas engageant… Tentant de rassembler les forces qui lui restaient, le jeune homme redressa la tête et dans une vision un peu floue, vit la bête le charger de nouveau. Empoignant le bouclier qui trainait sur le sol à côté de lui, il lui lança dessus à son tour dans un dernier geste désespéré. La créature l'écarta d'un coup de poing rageur, mais Guillaume eut assez de temps pour se redresser et empoigner son épée. Son regard se posa sur l'escalier en face de lui. Il savait qu'il devait tenter une nouvelle stratégie pour l'atteindre. Rassemblant ses esprits et profitant que sa vision se fasse agréablement moins floue, il se mit à courir en direction de celui-ci en contournant habilement la créature.

La bête comprit ce qu'il tentait de faire et se mit à rugir en se lançant à sa poursuite. Guillaume tenta d'accélérer tout en sachant qu'elle était bien plus rapide que lui et qu'il était blessé. Le jeune homme bondit et passa la porte au moment où la créature le rattrapa. Ses griffes fendirent l'air et le touchèrent dans le dos. Guillaume laissa échapper un gémissement de douleur et bascula tête première dans l'escalier qu'il dévala brutalement tel un pantin désarticulé.

La chute du jeune chevalier prit fin sur le sol de la salle souterraine où il atterit lourdement. La pièce était sombre et aucun bruit ne se faisait entendre à part la respiration saccadée de ce dernier. Etendu à plat ventre, sur les grandes dalles de pierres, le jeune homme semblait lutter pour respirer. Cette fois la douleur avait envahi tout son corps. Deux grandes griffures sanguinolantes barraient son dos mais ce n'était pas tout. Sa chute avait été rude et tout son corps lui faisait mal. Avec un gémissement de douleur il tenta de rassembler ses ultimes forces et parvint à se retourner. Allongé sur le dos, il crispa une main sur sa blessure à la poitrine et porta l'autre à son front. Ses doigts se tâchèrent eux aussi de sang et il comprit qu'en heurtant une marche il s'était fait une mauvaise entaille à la tête. Cela expliquait la douleur qui lui donnait l'impression que son crâne allait exploser. Il ferma les yeux quelques secondes pour tenter de reprendre une respiration plus apaisée, mais la douleur était si profonde qu'il n'y parvint pas.

Cette fois il devait bien se rendre à l'évidence. Il était gravement blessé et de moins en moins sûr de pouvoir arriver à atteindre son objectif. Son père avait raison finalement… C'était de la folie… Mais, il se devait de tout tenter pour elle… Il devait essayer de la sauver même au péril de sa vie. Guillaume ouvrit les yeux et tenta de se redresser, mais il fut prit de vertiges et toute la pièce se mit à tournoyer autour de lui. En grimaçant il referma les yeux et s'accrocha au mur pour se redresser.

Une fois debout il ouvrit de nouveau les yeux et tenta de jauger sa situation. Le premier mot qui lui vint à l'esprit fut « désespérée »… Oui, c'était bien le mot qui convenait le mieux tellement sa situation lui paraissait totalement désespérée. Dans sa chute il avait perdu son épée et ce n'était pas la dague qu'il gardait dans sa botte qui allait lui permettre de se défendre face à la monstruosité qui l'attendait… mais surtout, il savait qu'il n'aurait sans doute plus la force d'échapper à sa prochaine charge… Si seulement il n'avait pas hésité…

Toujours accoudé au mur, il entendit un rugissement provenir de l'escalier et comprit que la bête allait bientôt le rejoindre et que, cette fois, il n'avait plus aucune échappatoire. Le jeune homme prit alors une longue inspiration et décida de ne pas se laisser aller au désespoir. Cette pièce était la bonne. Il en était sûr. Il avait bien observé le plan du château avant de se lancer dans cette folie. A tâton, il empoigna une torche sur le mur et l'alluma. La flamme éclaira la pièce et lui apporta un peu de chaleur. Il devait en profiter !

En titubant, Guillaume se mit à explorer la salle voûtée et au centre de cette dernière il aperçut une colonne sur laquelle se trouvait une cloche de verre et dans cette cloche… la lueur de sa torche se refléta sur une dague en or ciselé. Dans son dos un hurlement à glacer le sang se fit entendre et il comprit que la bête était là. D'un geste rapide, Guillaume souleva la cloche de verre et empoigna la dague avant de se retourner juste à temps pour voir l'atrocité le chercher en hurlant et en brandissant ses longues griffes. Le jeune homme tenta de garder son calme. Il était faible… blessé… Il n'aurait droit qu'à un seul essai. La bête plongea vers lui en bavant de rage. Guillaume se laissa tomber à genoux, évitant ses griffes et l'aveuglant avec sa torche puis se redressant, il poussa lui aussi un cri de rage et lui enfonça la dague en or dans le cœur.

La bête se cabra et rugit de douleur. Elle recula de quelques pas et ses bras battirent l'air en de vains moulinets pendant qu'une lumière dorée jaillit de la lame plantée dans son cœur. L'immonde créature continua de hurler pendant que la lumière envahit toute la pièce. La bête vacilla et se déforma. Dans la lumière elle perdit sa forme monstrueuse et sembla rétraicir pendant qu'elle prennait une forme de plus en plus proche d'une silhouette humaine. Guillaume leva une main pour se protéger de l'aveuglante onde lumineuse et tomba à genoux sur le sol. Il avait tellement mal mais, tout était fini…

Ce fut à cet instant qu'il y eu une sorte d'explosion aveuglante puis, plus rien. La pièce fut de nouveau plongée dans l'obscurité la plus totale. Seule la flamme pâle de la torche de Guillaume et quelques rayons de Lune permettaient de voir ce qui se passait. La bête était acrroupie sur le sol en boule, mais elle ne paraissait plus aussi impressionante. Elle se redressa et la lueur de la torche permis de découvrir la silhouette d'une fine jeune femme à la longue chevelure brune. Elle tituba un instant, portant la main à sa tête et regarda autour d'elle. Sur le sol, la torche continuait et brûler et, adossé à la colonne du piedestal, se trouvait Guillaume, le visage en partie ensanglanté et les yeux clos. La jeune femme chancela et poussa un cri avant de se diriger vers lui.

- Non ! Guillaume ! Guillaume !

Elle prit sa tête entre ses mains et continua de l'appeler.

- Guillaume ! Ce n'est pas possible ! Guillaume !

Bien que de plus en plus faible, le jeune homme ouvrit les yeux et sourit en la découvrant.

- Béatrice…

- Oui c'est moi…

Dans un geste qui sembla lui demander un effort surhumain le jeune homme leva la main et la posa lui aussi sur le visage de la belle jeune femme.

- Je suis si content de voir ton visage une dernière fois…

- Qu'est ce que tu racontes ? Tu ne vas pas mourir ! … Tu ne peux pas mourir !

- Regarde-moi Béatrice… Je ne sortirais pas d'ici !

- Non ! Je ne veux pas ! Tout ça est de ma faute ! Pourquoi ? Pourquoi ne m'as-tu pas simplement tué ?

- Ce n'était pas toi mon amour… C'était le sortilège, je ne pouvais pas … Mais tu es libre maintenant… Libre et vivante.

- Non, sans toi à mes côtés je ne serai plus jamais vivante !

Guillaume lui sourit puis, il fut pris d'une quinte de toux et ferma lentement les yeux. Béatrice le secoua doucement en continuant à l'appeler, mais un trou noir s'ouvrait devant lui et il savait qu'il allait basculer. Bouleversée, Béatrice se mit à pleurer et hurla.

- Non ! Je t'aime ! Tu ne comprends donc pas ? Je t'aime !

N'écoutant que son cœur, elle se pencha sur le jeune homme et lui donna un long baiser passionné sans se rendre compte que d'étranges lueurs se mirent à nouveau à briller et à danser autour des deux amants. Des lueurs dorées qui se mirent à illuminer la pièce, redonnant au château sa splendeur du passé. Toujours en pleurs, Béatrice se redressa et comprit que quelque chose était en train de se passer. Sous ses yeux ébahis, la pièce se transforma en une magnifique bibliothèque au mur couvert de livres. Elle regarda cette magie avec un air hébété, ne comprenant pas ce qui se passait quand une main se posa de nouveau sur sa joue. Elle sursauta et prit la main de Guillaume qui la regardait en souriant.

- Je ne comprends pas … Que se passe-t-il ? Bredouilla la jeune femme.

- Je crois que ton amour a tout changé… Je crois que ton amour m'a sauvé…