p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Un bip incessant et strident retentit dans la chambre, harcelant mes oreilles et mes sens engourdis. Alors que j'ai encore du mal à émerger, je cherche à tâtons la source de mon inconfort auditif. Les yeux encore clos, l'esprit embrumé, j'ai du mal à me saisir de mon portable. Lors qu'enfin je me saisis de ce dernier, je tente d'appuyer sur les touches pour le faire taire, en vain. Je grogne, il faut ouvrir les yeux et enfin arrêter cette maudite sonnerie. Lorsque la chambre se replonge dans le silence, je me lève enfin. Je franchis les quelques pas qui me sépare de la salle de bain et entre dans la douche. Le premier pas manque de me faire basculer à la renverse, la douche est glissante. Je me restabilise aussitôt et grommèle une fois de plus, maudissant cette journée qui commence plutôt mal. L'eau chaude sur ma peau a un effet presque thérapeutique, je sens l'énergie affluer dans mon corps, chassant la fatigue d'une nuit trop courte. A présent, il me faut un café. Je m'habille et file dans la cuisine. Je jette un rapide coup d'œil à la fenêtre, le ciel est laiteux il semble faire froid, l'automne est déjà là. Je me saisis de la cafetière pour la remplir mais son poids m'indique qu'elle est déjà bien chargée. Bizarre, peut-être est-ce juste le café d'hier que j'ai oublié de jeter ? Pourtant l'arôme émanant du récipient m'indique qu'il est sûrement encore bon, haussant les épaules je décide d'y goûter, après tout ça m'évitera d'en refaire. L'amer boisson me réchauffe, je ne peux m'empêcher de soupirer en pensant qu'il va falloir aller au travail, les journées se ressemblent et paraissent sans fin. Chaque chantier, chaque construction commence et termine de la même manière. Le tic-tac incessant de la trotteuse de mon horloge me sort de ma rêverie, je vais bientôt être en retard, il faut que je parte à présent. Je file néanmoins dans la salle de bain afin de me brosser les dents, tandis que je m'affaire, j'entends le bruit sourd d'un objet qui tombe au sol. Surpris, je passe la tête à travers l'encadrure de la porte. Je vois juste une pile de magazine éparpillée sur le sol. Je rince ma bouche, lave ma brosse à dent et ramasse les magazines en quatrième vitesse. Je saisis mon blouson et ouvre la porte d'entrée. Tiens, je ne l'avais pas fermée ? J'allais franchir la porte, lorsque je me rends compte que la clef n'est pas accrochée sur le porte-clef murale./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Merde, je n'ai pas de temps à perdre avec ça. Grommelé-je en me mettant à chercher./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Je me mis à soulever chaque coussin du canapé, style="mso-spacerun: yes;" /spanEn quatrième vitesse, je me rends dans la chambre, je jette un regard sur la table de nuit, la commode. Toujours rien. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Mais où sont ces foutus clefs ?!/span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Je me creuse la tête, me forçant à me remémorer la soirée d'hier et l'endroit où j'aurais pu les mettre en dehors de ce satané crochet, l'endroit où j'ai l'habitude de mettre mes clefs chaque soir depuis maintenant plus de quatre ans ! Dans un élan de désespoir, je fouille les poches de mon blouson. Du bout des doigts je sens voler une pièce, une cigarette ainsi que son briquet et un bout de papier froissé. Intrigué, je m'en saisis et le déplie. Le papier me semble familier, c'est un bout de plan sur lequel est inscrit quelques mots «span style="color: red;" /spanAller au 4supème/sup, couloir 2. »./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Qu'est-ce que c'est que ça… Dis-je en jetant le papier dans la poubelle. Bon, ça ne règle pas le souci de mes clefs…/span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Alors que je m'arrachais presque les cheveux, une bride de souvenir me revint en mémoire, je crois les avoir aperçues ce matin dans la cuisine ! Ni-une, ni-deux, j'y fonce, manquant de me cogner contre le canapé en traversant le salon. Le trousseau se trouve là, posé nonchalamment sur le rebord de la fenêtre. Je ne me souviens pas de les avoir laissées là, un frisson me parcoure l'échine. Je sens un malaise s'emparer de moi, ce genre de sentiment que l'on a lorsque quelque chose ne tourne pas rond. Je balaye rapidement ces pensées, le travail m' style="mso-spacerun: yes;" /spanVeillant à fermer à double tour, j'enfouis mes clefs dans la poche et je descends l'escalier de mon immeuble. Je croise la concierge qui est en train de tirer les poubelles de l'immeuble. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Bonj… ! La concierge s'interromps dans sa lancée, fronce les sourcils et semble perplexe. Vous aviez oublié quelque chose ? Me demande-t-elle dubitative alors qu'elle me dévisage./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Euh, non. Répondis-je, soudainement mal à l'aise face à son comportement pour le moins étrange. Je suis en retard, bonne journée à vous !/span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Sans lui laisser le temps de répondre, je m'enfuis par la porte d'entrée. C'est quoi son problème ? Je ne lui ai jamais réellement parlé, mais elle a toujours été très polie et me paraissais normale. A mes yeux elle toujours été ce genre de personne qu'on veut éviter à tout prix pour éviter de devoir se sociabiliser. La façon qu'elle avait de me dévisager était vraiment malaisante. J'accélère le pas, secouant légèrement la tête pour me remettre les idées claires. J'arrive enfin sur le chantier, les gars sont déjà au travail, je me dépêche d'enfiler mon gilet ainsi que mon casque. Je salue rapidement quelques collègues qui me répondent d'un acquiescement perplexe. Sans y prêter attention, je me mets au travail, cela me permet de me vider l'esprit. Je dois m'occuper des structures métalliques des fondations, travail physique et technique en même temps. Les heures défilent sans que je m'en rende compte, seul mon estomac qui gargouille me rappelle qu'il faut se sustenter. Alors que je termine mes affaires, j'entends un bruit net de coupure. Tout se passe extrêmement vite, j'aperçois une ombre au-dessus de moi, j'ai à peine le temps de plonger devant moi avant que des tuyaux métalliques ne s'effondre dans un tonitruant fracas sur le sol. Des frissons d'effrois me hérissent les poils, je viens de frôler la mort. Sonné, je mets du temps à me lever, tremblant. Alors que j'espère un peu d'aide, je remarque qu'il n'y a personne à cet étage, ils sont tous partis pour la pause déjeuner sûrement. Je n'avais même pas remarqué les collègues partir. Je m'assois un instant pour reprendre mon souffle et redevenir maître des battements de mon cœur qui s'évertue à cogner ma poitrine. Cette journée est maudite, c'est la fameuse journée que l'on décrit tous comme celle où l'ont devrait rester couché. Je me sens à nouveau maître de moi-même et je décide d'aller voir mon patron pour lui expliquer la situation, je ne peux pas travailler après ce qu'il vient de se passer. Je traverse le chantier en construction à la recherche de mon boss. Les gars ont repris le travail, merde la pause déjeuner est déjà terminée ? Enfin je l'aperçois au loin, entouré d'architectes, charpentiers et quelques ouvriers. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Monsieur, puis-je vous parler ? Demandais-je à l'attention de mon patron./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Ah, James. Justement il fallait que je vous parle également. Bien messieurs, si vous voulez bien nous excuser./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Le groupe d'homme se disperse me laissant seul avec le patron. Ses yeux bleus me scrutent avec froideur tandis qu'il ouvre un dossier. Visiblement il a l'air contrarié./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- James, des gars m'ont rapporté votre comportement étrange. Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a eu un incident qui a manqué de blesser des ouvriers. Plusieurs des gars rapportent qu'ils vous ont vu rôder près des câbles qui ont mystérieusement lâchés. Je vais être franc avec vous, normalement je vous aurai viré. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Bouche bée, je l'écoute sans que je n'arrive ne serait-ce que bouger les lèvres. Les mots restent coincés dans ma gorge tandis que j'entends cet homme déblatérer de telles foutaises. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Mais je vous connais depuis maintenant 4 ans et vous n'avez jamais fait un pas de travers, vous avez toujours été irréprochable. Je vais donc mettre ça sur le compte de la négligence et vous laissez une autre chance. Cependant vous allez finir votre journée et ensuite me ranger tout le bazar, prenez ça comme un avertissement. Et bien entendu, à partir de maintenant vous allez faire bien attention, vous avez un avertissement mais vous n'en aurez pas deux. Bien, maintenant que les choses sont claires, veuillez m'excusez on m'attend./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Sans que je ne puisse rien rajouter, il me tourne le dos et interpelle l'architecte afin de revoir une partie des plans. Je reste totalement pantois, alors que j'étais venu prendre ma journée pour avoir frôlé la mort, je me retrouve accusé de négligence et dois porter la responsabilité des erreurs d'un autre ? Et je ne peux rien dire au risque de perdre mon job ? Me ventre me rappelle rapidement que la faim me tiraille et qu'il est temps de manger. Je me trouve un coin tranquille et déguste un sandwich. Au diable le travail, je prends tout mon temps. Lorsque j'ai enfin terminé, je reprends le travail entraînant des pieds. Le crépuscule tombe rapidement, après tout c'est l'automne. Les gars partent rapidement et moi je suis encore coincé sur le chantier pour ranger le foutoir de ce midi. Je me retrouve rapidement seul et le chantier de nuit a le don de me rendre un peu nerveux. Je plonge mes mains dans les poches de mon blouson à la recherche d'une cigarette ainsi que de mon briquet et je me mets à fumer pour me détendre. Lorsque je range mon briquet dans cette même poche, mes doigts rencontrent un bout de papier en boule. Intrigué, je la sors delà, la déplie et la lis. « Aller au 4supème/sup, couloir 2. » Soudain, j'entends un bruit métallique, aussitôt je me mets sur mes gardes et range machinalement ce petit bout de papier dans la poche d'où je l'en ai sorti./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Hey ! Il y a quelqu'un ? Crié-je./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Aucune réponse. Je me sens nerveux. Je me saisis d'une barre de fer qui trainait et commence à monter les étages à la recherche de l'origine du bruit. Le manque de lumière est assez handicapant, je serre machinalement la barre de fer. Aller au 4supème/sup étage, 2supème/sup couloir ? Je ferai surtout mieux de me barrer d'ici ! Je me dirige vers la sortie du chantier d'un pas rapide. Cependant j'aperçois au loin une silhouette me barrant la sortie. Je renforce ma prise sur la barre de fer, bien décidé à ne pas me laisser faire. Cependant je vois au loin qu'il tient une arme à feu dans sa main, là le combat n'est pas vraiment égal. Je n'ai plus le choix il faut que je retourne sur mes pas, sur le chantier il n'aura pas de champ de vision dégagé et j'aurais plus de chance de pouvoir le surprendre. Je me mets à courir en direction du chantier, jetant un regard par-dessus mon épaule, je vois que mon mystérieux agresseur fait de même. L'adrénaline me donne aussitôt un coup de boost et je me mets à parcourir le chantier en tentant de semer mon agresseur, puis je monte les étages comme une flèche. Arrivé au 4supème/sup étage, je me rappelle du bout de papier, intrigué, je m'avance vers le 2supème/sup couloir. J'arrive face à un trou béant puisque l'étage est encore en travaux, cependant j'arrive à voir des câbles métalliques ballants, ils ont été sectionnés. J'entends un bruit de pas derrière moi, je me retourne aussitôt. La silhouette me fait face. Comment a-t-il pu arriver aussi vite ici ? Comment a-t-il pu me retrouver aussi vite ? Je me sens pris au piège, derrière moi le vide, devant moi un homme armé. Mon cœur bat à tout rompre mais l'adrénaline qui bouillonne en moi je donne une force insoupçonnée. La silhouette s'avance de quelques pas, je plisse les yeux afin d'essayer de mieux apercevoir mon agresseur, son visage reste dans l'ombre mais je m'aperçois rapidement que l'arme à feu qu'il tient n'est en réalité qu'un pistolet à clous. Je ne réfléchis même pas et je me mets à courir face à mon agresseur, je le bouscule violemment, me frayant un passage et continue de courir. Je ne réfléchis même pas à la direction dans laquelle je cours, je cherche juste à m'échapper d'ici. J'arrive à descendre les étages plus vite encore que je ne les eusse montés et j'arrive sur la terre ferme. La sortie est là, devant moi à quelques mètres. Mais alors que je fuis, des bras m'encerclent et me plaque au sol. Aussitôt je mets mes mains devant moi pour me protéger de la chute, mon agresseur ressert son emprise. Je me retourne tant bien que mal et lui envoie un coup de poing. Je commence à me débattre, lui flanquant des coups qu'il me rend aussitôt. Lors de ma chute, j'ai laissé échapper la barre de fer qui n'est qu'à quelques centimètre de moi. Je m'en saisi aussitôt et flanque un violent coup sur l'homme qui gémit de douleur. Maintenant que je suis en face de lui, je me décide à regarder son visage, il faut que j'imprime chaque trait pour pouvoir faciliter la reconnaissance lorsque j'irais porter plainte. Je me fige, je connais ce visage, je le connais que trop bien. C'est le mien !/span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Désolé mais tu dois disparaître ! Dit-il en tentant de me prendre la barre de fer des mains. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Je ne sais pas comment, mais je réussis à faire basculer l'autre, lui faisant lâcher l'arme de fortune. Je me lève aussitôt et me place au-dessus de lui, je m'apprête à l'assommer. Mon double maléfique me sourit méchamment avant de me balancer :/span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Il ne peut rester que l'un d'entre nous. Et ce sera moi ! Crie-il en me donnant un coup de genoux dans la jambe, me faisant perdre l'équilibre. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Pourtant cela ne suffit pas à me faire tomber et je profite de cet instant pour le frapper de toutes mes forces sur sa tête. Il tombe comme une masse sur le sol, je crois que je l'ai assommé. Son corps est inerte, j'en profite donc pour le retourner. Il n'y a à présent aucun doute possible, il possède le même visage que moi. Je reprends difficilement mon souffle mais ma tête tourne, je suis complètement paniqué. Une espèce de Dopplinger est venu jusque sur mon lieu de travail pour m'assassiner et apparemment, il n'a pas l'intention de lâcher l'affaire ! Un frisson d'effrois me traverse le corps, c'est comme s'il essayait de prendre ma place, ma vie. Je ne peux pas aller voir la police, cette histoire est complètement barrée, ils m'enfermeraient ! Cependant je ne peux pas non plus laisser ce taré en liberté où il tenterait encore de me supprimer ! Avec un sang-froid qui me décontenance, je me dis que la seule solution est de le supprimer. Je me saisis de son bras et commence à tirer son corps. Il n'y a qu'un endroit où je peux cacher son corps en toute discrétion, il suffit de le plonger dans le béton. Je traine mon double jusqu'à la fondation du bâtiment où le béton est encore liquide puisqu'il a été versé i peine quelques heures. Vide de pensée, je jette le corps dans le béton, cependant il faut l'aider à couler, je me saisis donc d'un outil et l'enfonce dans l'épais liquide. Bientôt il ne resta plus aucune trace de son corps, je me déleste donc de l'outil et quitte le chantier, machinalement. Je ne me souviens même pas le chemin du retour jusqu'à chez moi, mon cerveau s'était comme déconnecté. Je ne ressens plus rien, je ne pense à rien, je ne suis qu'un automate, une marionnette. Lorsque j'arrive chez moi, mon cocon réconfortant me redonne un peu de force, mais je suis épuisé moralement et physiquement. J'accroche mon blouson sur le porte manteau et me dirige dans la cuisine. Aussitôt je commence à me préparer du café, j'ai besoin d'une boisson chaude pour me réchauffer et m'aider à ôter cette espèce d'engourdissement qui persiste dans mon corps. Je me saisis d'une tasse et me sert un fond de café, la boisson est bonne et me réconforte un peu. Je la déguste en regardant par la fenêtre, la rue éclairée par les lampadaires donne un côté mystérieux, voir inquiétant de cet endroit pourtant tellement fréquenté en journée. En buvant je prends appuie sur le rebord de la fenêtre et j'y laisse le trousseau de clé que je n'avais même pas rangé. Je regarde l'heure, il est déjà 5 heures du matin ! Ce n'est pas possible, mais qu'est-ce qui s'est passé pendant tout ce temps ? Ais-je erré dans la rue ? Ou alors tout ça n'était qu'un rêve et je suis juste somnambule ? Oui, c'est possible ça ! Bon sang ça m'a semblé pourtant si réel ! Mais ça ne peut être qu'un rêve, après tout cette histoire était tellement folle ! Rassuré par cette idée, je décide de prendre une douche avant d'aller me coucher, tant pis pour le boulot, je me ferai porter mal ! J'enlève mes vêtements et les enfouissent dans la bouche métallique de la machine à laver. J'entre enfin dans la douche et laisse l'eau couler un bon moment sur mon corps fatigué avant de le laver. Je sors enfin, attache la serviette autour de mes hanches et entre dans la chambre. Je m'immobilise, choqué. Aussitôt je ressens un violent mal de crâne, si bien que je manque de m'effondrer sur place. En face de moi, enroulé dans les draps, un corps est endormi. Cependant ce n'est pas n'importe quel corps, il s'agit du mien. La terre semble s'ouvrir sous mes pieds, je me sens complètement perdu, serais-je devenu fou ? Soudain le téléphone se met à sonner bruyamment, je remarque que mon corps commence à bouger. Ni une, ni deux je me planque dans la penderie. De là où je suis, je vois mon autre se lever difficilement puis se diriger dans la douche, de la salle de bain j'entends l'autre grommeler. Je profite de cet instant pour m'habiller en vitesse et me planquer sous le lit. De là, j'essaye de rassembler mes pensées pour comprendre ce qu'il se passe. Hier, j'ai tué un double et ce matin, un autre double est apparu. Je me souviens alors de ce qu'a dit l'autre avant de mourir « Il ne peut rester que l'un d'entre nous ». Il avait raison, il ne peut y avoir qu'un seul James, et ce double-là, ce n'est qu'un imposteur ! Cependant je ne peux pas me débarrasser de l'autre ici, c'est trop dangereux ! Je ferais mieux de l'éliminer sur le chantier, comme pour le premier. Je vois à ce moment-là mon double repartir dans la salle de bain, il va se brosser les dents, j'ai le temps de m'éclipser en toute discrétion. Je me précipite en dehors de ma cachette. Je me saisis au passage d'un autre manteau dans ma penderie, mais alors que je l'enfilais en me précipitant vers la sortie, mon manteau touche quelque chose qui tombe dans un bruit sourd, je ne prends pas la peine de regarder et sors de l'appartement. Je reprends mon souffle dans la cage d'escalier, c'était moins une ! Je descends au rez-de-chaussée où je croise la concierge qui me salue en souriant. Je baisse la tête, enfonce mes mains dans les poches de mon manteau et trace mon chemin en l'ignorant superbement. J'arrive sur le chantier et salue rapidement les gars, j'enfile mon gilet et un casque et je me rends immédiatement aux étages supérieurs, là où je serai tranquille le temps de penser stratégie. Bientôt, j'aperçois au loin mon double arriver à son tour. Je le suis du regard, il s'occupe des fondations, à deux étages en dessous de ma position. Pendant quelques heures je fais mime de travailler alors que je le surveille du coin de l'œil. Il est midi, les gars partent déjeuner et je remarque que le double est seul, un accident peut vite arriver sur un chantier. Je parcours du regard les environs et remarque une pile de tuyaux suspendu. Ils semblent se situer juste au-dessus de lui, si j'agis rapidement, je pourrais avoir réglé mon problème plus rapidement que prévus. J'attrape la pince de métaux coupante et coupe la corde de métal. Cependant je ne m'attendais pas à une telle résistance, je dois m'y reprendre à plusieurs fois avant que la corde ne cède enfin. Les tuyaux tombent dans un terrible fracas et je me dépêche de quitter les lieux pour ne pas être suspecté du meurtre. Malheureusement je crois quelques gars et bien que je tente de cacher mon visage, je crois qu'ils m'ont reconnu. Je me précipite donc dans un endroit calme. Alors que je jubile intérieurement de savoir que cette histoire est enfin terminée, je sens mon cœur manquer de s'arrêter. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Mon dieu mais qu'est-ce que j'ai fait ? Dis-je dans un murmure./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Ce n'est pas vrai, pourquoi n'y ai-je pas pensé avant ? Que va-t-il se passer si on retrouve mon cadavre ? Comment pourrais-je reprendre ma vie de tous les jours si on me pense mort ?! Je décide d'aller manger, mon corps ressent la fragilité d'un jeune et d'une nuit blanche. En partant discrètement manger, je vois au loin mon double parler au patron. Il est encore en vie ?! Un étrange mélange de sentiment de soulagement et de frustration monte en moi. Il va falloir que je m'occupe de lui discrètement. Je vais l'attirer dans l'immeuble et m'occuper de lui à ce moment-là. Je prépare le mot en arrachant un bout de papier d'un plan qui trainait dans le coin, écrivant un point de rendez-vous. Je réussis à m'approcher discrètement de mon double et lui glisser dans la poche la boule de papier avant de repartir me cacher. Je m'assoupis pendant quelques heures, histoire de récupérer mais je ne m'accorde pas de temps supplémentaire de peur de rater mon occasion tant espérée de neutraliser mon double. Le crépuscule tombe, le chantier est vide de monde, c'est le moment d'agir. Je repère la position de mon double, il a vu le mot. Je tente de l'attirer en provoquant un bruit métallique. Mais je sais qu'il tentera de fuir, après tout c'est ce que je ferai. Je l'attends à la sortie du chantier, un pistolet à clou en main afin de le dissuader de m'affronter directement. Il faut juste que je l'attire vers les fondations pour me débarrasser de son corps, comme pour l'autre. Cependant il tente de me semer, il court donc dans le bâtiment, pas du tout à l'endroit que j'espérais. Très bien, je vais jouer à son petit jeu et lentement le diriger là où je veux. J'arrive donc à ce fameux étage numéro 4, il est là, face à moi et il se retourne. Je sais ce qu'il va se passer, ça s'est déjà produit, il va comprendre que je ne suis pas armé et tenter de fuir. C'est d'ailleurs exactement ce qu'il se passe. Cependant grâce à ça, je l'attire exactement où je veux. J'arrive à le rattraper et le plaque au sol. J'ai juste à l'assommer et c'est enfin terminé ! J'aurais enfin gagné ! Voyant on autre se débattre comme un forcené, j'essaye de le maitriser en prenant sa barre de fer. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Désolé mais tu dois disparaître ! Lui dis-je./span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"La fin du cauchemar me tend les bras, je n'ai qu'à le tuer et je pourrais enfin retrouver ma vie ! Je jubile, savoure ce futur moment où je pourrais oublier toute cette histoire ! Mais je sens que mon corps bascule sur le sol et je lâche mon arme. L'autre arrive à se relever avant moi, il s'apprête à me frapper. Non, ce n'est pas fini, je peux encore renverser la situation !/span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"- Il ne peut rester que l'un d'entre nous. Et ce sera moi ! Criai-je en lui donnant un coup de genoux dans la jambe, lui faisant perdre l'équilibre. /span/p
p class="MsoNormal"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"J'allais profiter de sa faiblesse pour renverser nos positions mais une immense douleur me traverse le crâne. Puis plus rien. Le néant. J'entends juste des bruits de pas et de frottement. Tout cela était-il encore un cauchemar ? Je sens mon corps s'enfoncer dans une pâte épaisse et froide. Oui, je vais me réveiller et réaliser que tout ça n'est que chimère. Pourtant je me sens si fatigué. /span/p
p class="MsoNormal" style="text-align: center;"span style="mso-ascii-font-family: Calibri; mso-fareast-font-family: Calibri; mso-hansi-font-family: Calibri; mso-bidi-font-family: Calibri;"Je crois que je vais dormir encore un peu.../span/p